CHRONIQUES

Arturo CANCELA

ARGENTINE

Né en 1892 à Buenos Aires, Arturo Cancela, après des études littéraires, a été journaliste. Il a publié parallèlement une dizaine de romans et de textes humoristiques. Il est mort en 1957.

Le coccobacille de Herrlin

1922 / 2020

Quelque part en Suède, Augusto Herrlin, un jeune et prometteur universitaire (la quarantaine quand même), fiancé depuis huit ans à l’une des nombreuses filles du professeur local le plus réputé, découvre un nouveau bacille très dangereux pour le lapin. Cette découverte qui, somme toute, aurait pu passer inaperçue, est repérée par un vice-consul de nationalité argentine malgré son nom batave (Johann Van der Elst, mais les Argentins n’en sont pas à cela près !) et, par ricochet, va intéresser un ou deux hommes politiques argentins : la guerre au lapin dévastateur est déclarée !

Il arrive qu’un texte presque centenaire (celui-ci a été publié pour la première fois en 1922) soit d’une actualité troublante. Quand des hommes politiques se mettent à essayer de comprendre la différence entre bactérie et bacille, on peut s’attendre au pire : une campagne électorale est chahutée : pour qui voter, pour ceux qui proclament que les lapins n’existent pas, ou pour ceux qui voulaient les exterminer, grâce au bacille sauveur ? Si un nationalisme buté (redondance) et mesquin (pléonasme) vient se mêler au pseudo débat, on touche le fond.

Arturo Cancela, peu connu en France, a publié quelques textes d’un humour proche de celui de Tristan Bernard en France, une pointe d’absurde, un fond de réalisme, des mots qui font mouche, de l’humour, du vrai !

Notre Herrlin fait bien le voyage à Buenos Aires et involontairement déclenche des catastrophes historiques plutôt méritées par ce personnel politique tellement nul qu’il ressemble au nôtre.

La qualité de la traduction ajoute au plaisir de découvrir une fable pas forcément optimiste, réjouissante en tout cas. Le coccobacille de Herrlin fait partie d’une trilogie, vivement l’édition française des deux autres !

Le coccobacille de Herrlin, traduit de l’espagnol (Argentine) par Balkis Aboueleze, éd. Corti, 155 p., 16 €.

MOTS CLES : ARGENTINE / HUMOUR / SOCIETE / POLITIQUE / EDITIONS CORTI

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