CHRONIQUES

César VALLEJO

PÉROU

César Vallejo est né dans les Andes péruviennes en 1892, dans une famille très modeste. Sa jeunesse se passe entre des études e Lettres et des travaux divers pour gagner sa vie. Après quelques années à Lima, il s’installe à Paris en 1923. Il y meurt en 1938. Il est reconnu comme étant le plus grand poète péruvien de son époque.

Vers le royaume des Sciris

1944 / 2021

À la frontière entre un réalisme à  la française et le courant littéraire né en Espagne au XIXème siècle, le costumbrismo, qui a été adopté au Pérou par Ricardo Güiraldes, entre autres, César Vallejo, avant tout poète, l’un des principaux du Pérou, a voulu s’immerger dans l’histoire, dans l’époque qui a précédé l’arrivée des Espagnols, qui  a été l’apogée de l’empire inca peu avant son effondrement.

Ce que j’ai nommé réalisme à la française (le Hugo des Misérables, Balzac ou Zola) se traduit dans Vers le royaume des Sciris par des passages documentaires très riches en informations de type naturalistes, les couleurs de la laine d’alpaga tissée, les aliments et les boissons des Incas, par des passages historiques également : les guerres d’expansion déclenchées par les empereurs successifs, la soumission des peuples voisins vaincus. Le costumbrismo se traduit, lui, par des scènes de vie quotidienne et beaucoup de mots quechuas qui font couleur locale et qui entravent souvent la lecture par leur abondance. On s’y habitue assez vite et le récit historique prend son envol.

Malgré la fin peu glorieuse de ce qui aurait dû être une expédition triomphale de conquête menée par Huayna Cápac, son fils, l’Inca Túpac Yupanki déclare achevée la période de guerre et ouvre une période de sérénité.

Cependant plusieurs signes inquiètent les proches de Túpac Yupanki, des présages peut-être ? L’époque de paix ne serait-elle que brève et sans lendemain ? Viracocha, le créateur du monde était-il fâché ? Faudra-t-il entreprendre de nouvelles guerres pour le tranquilliser ? Qui désormais sera le conquérant ?

Ce récit de l’avant-conquête, historique et humain à la fois, nous plonge dans une société à la fois très différente et tout de même proche sous certains aspects de l’Europe de l’époque, jolie création romanesque d’un poète.

Vers le royaume des Sciris, traduit de l’espagnol (Pérou) par Laurent Tranier, éd. Toute Latitude, 112 p., 14 €.

César Vallejo en espagnol : On peut trouver Hacia el reyno de los Sciris dans plusieurs éditions de la Narration complète de César Vallejo. Plusieurs éditions de ses poèmes.

MOTS CLES : PEROU / ROMAN HISTORIQUE / SOCIETES / EDITIONS TOUTE LATITUDE.

CHRONIQUES

Mario VARGAS LLOSA

PEROU

Né en 1936 à Arequipa, Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de Littérature et lauréat de très nombreux prix, est l’auteur d’une trentaine de romans et d’autant d’essais. Il s’est aussi consacré à la politique, se rapprochant des libéraux européens et américains.

L’appel de la tribu

2018 / 2021

On ne peut qu’admirer, aimer, le grand romancier qu’a été et que reste souvent Mario Vargas Llosa. On peut avoir des doutes sur ses visions politiques qui, en 1990, ont été à l’origine d’une amertume qu’on ne retrouve heureusement pas dans ses romans mais qu’il a du mal à cacher dans ses interviews.

L’appel de la tribu  se présente sous la forme d’un recueil de sept études sur des penseurs qui ont influencé et même marqué Mario Vargas Llosa. Mais, avant de découvrir ces sept écrivains, il faut accepter un éloge sans nuances de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher (sans tout de même la moindre allusion à sa très grande proximité avec le général Pinochet) et à leur politique, il faut accepter l’idée, naturelle pour lui, qu’aucune égalité sociale ne peut être envisagée entre « studieux et  paresseux »  ou entre « intelligents et sots », ou encore l’idée que le principe de l’égalité des chances est exclusivement libérale. On a du mal, après cela, à comprendre comment il peut donner en exemple (libéral) le système éducatif français et l’instruction publique et gratuite de la IIIème République.

Adam Smith (1723-1790) est le premier modèle étudié, avec La Richesse des nations, titre qui résume une idée motrice : le but premier est s’enrichir. Ensuite, la majorité pourra en profiter.

José Ortega y Gasset (1883-1955). Ce penseur espagnol en marge des courants philosophiques de son époque, la « Génération de 98 » en particulier (Mario Vargas Llosa souligne sans sourciller les « extravagances » de Unamuno) ne choque pas notre auteur péruvien quand il prétend que la colonisation a fait la grandeur de l’Espagne (sans un mot pour les conséquences sur les Amériques). Au passage, et toujours à propos des écrits d’Ortega y Gasset, il est amer de voir Mario Vargas Llosa célébrer le centralisme du général Franco qui a su réduire le régionalisme et il ne semble pas gêné que le philosophe espagnol, quand il parle de culture, rejette en vrac Debussy, Mallarmé, Proust et Gómez de la Serna.

Friedrich August Von Hayek (1899-1992)  dont Mario Vargas Llosa analyse les arguments là aussi pour les défendre, quitte parfois à manquer de clarté et de cohérence (les vrais économistes en manquent souvent, un non professionnel n’échappe pas à ce risque), de réalisme aussi : la corruption générale dont il accuse ses adversaires n’existerait donc pas chez ceux qu’il soutient ?

Sir Karl Popper (1902-1994). Né à Vienne mais ayant passé la plus grande partie de sa vie hors d’Autriche, Popper commence très fort : le modèle platonicien est « collectiviste, irrationnel, dictatorial, raciste, antidémocratique ». Ensuite, on s’égare un peu, en sortant du débat central (le libéralisme) pour se pencher sur la fragilité de la vérité, sur la relativité de l’histoire. Ce long chapitre offre un intérêt nouveau : quelques pages personnelles de Mario Vargas Llosa autour de sa conception du roman.

Raymond Aron (1905-1983). Malgré ses excès désormais inévitables (traiter Merleau-Ponty de « crétin de service » ou encore réduire mai 68 à Paris à la « disparition des formes de politesse et à la multiplication des gros mots dans les médias » est un peu court), c’est le chapitre le  plus acceptable, la cible principale étant la conception marxiste de Staline, qui ne fait plus guère débat en 2021. Il y est fait de nombreuses allusions à la religion catholique (on aurait pu attendre d’un Latino-Américain au moins quelques mots sur la Théologie de la Libération, contemporaine des écrits d’Aron… en vain.

Sir Isaiah Berlin (1909-1997) très peu connu hors de la Grande Bretagne, il est né en Lettonie et a enseigné en Grande Bretagne et aux États-Unis. D’une extrême modestie, il n’acceptait qu’avec réticence la réédition de ses œuvres. Une de ses principales théories, les « vérités contradictoires » semble assez pessimiste : les idéaux qui motivent les hommes, pour attirants qu’ils soient, se contredisent et s’annulent l’un l’autre, à l’image de notre devise française : Liberté Égalité Fraternité, qui, donc, ne peut fonctionner, c’est inéluctable. La seule échappatoire est l’obligation de choisir un des trois termes, ou deux à la rigueur.

Jean-François Revel (1924-2006), plus qu’un philosophe, est un journaliste pour Mario Vargas Llosa, bien qu’il ait beaucoup écrit sur la philosophie et les philosophes. L’analyse du pessimisme de Jean-François Revel (qu’on pourrait comparer à l’optimisme dynamique d’un Edgar Morin, jamais cité dans L’appel de la tribu) est judicieuse, mais l’influence de Jean-François Revel, qui aurait dominé et même monopolisé la vie intellectuelle en France après la mort de Sartre et de Raymond Aron, semble bien surestimée.

J’ai personnellement toujours été convaincu des vertus d’une provocation bien maîtrisée, mais cette fois, je dois avouer avoir été perméable à celle qui se manifeste à de multiples reprises dans ce livre, et je le regrette, je n’aurais pas dû : ce genre de contre-vérités devraient rester au niveau qui est le leur : un simple jeu (dangereux) pour faire réagir. Reste, une fois la lecture achevée, un vide, et pas des moindres : quel sens donner aux mots libéral et libéralisme ? Comme si cela était évident, et c’est loin de l’être : Mario Vargas Llosa utilise beaucoup ces termes dans cet ouvrage, mais sans qu’on puisse savoir s’il le prend dans l’acception en cours au XIXème siècle, dans celle de Margaret Thatcher, ce qui semble le cas, vu la dévotion qu’il lui porte, ou celle, plus « moderne », d’un Emmanuel Macron.

À un moment où le néolibéralisme que défend Mario Vargas Llosa semble être fragilisé, il y a un certain courage à offrir au public ce livre très polémique : au moment de la pandémie, est-il encore possible de refuser l’intervention de l’État ou prôner une croissance sans limite ?

Il ne faudrait toutefois pas que L’appel de la tribu fasse passer au second plan le romancier qu’est Mario Vargas Llosa. Il est probable que ses idées politiques seront assez vite noyées. Beaucoup de ses romans lui survivront.

L’appel de la tribu, traduit de l’espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan et Daniel Lefort, éd.  Gallimard, 336 p., 22 €.

Mario Vargas Llosa en espagnol est essentiellement publié aux ed. Alfaguara.

Mario Vargas Llosa en français est essentiellement publié aux éd. Gallimard.

MOTS CLES : PEROU / MONDE / SOCIETES / POLITIQUE / EDITIONS GALLIMARD

Simultanément, paraît un dialogue entre l’intellectuel italien Claudio Magris (né en 1939, il est romancier, journaliste et universitaire), autour de la création littéraire face au monde actuel, La littérature est ma veangeance :

La littérature est ma vengeance

2011 / 2021

En 2009, l’Istituto Italiano di Cultura de Lima (l’équivalent du Cervantes des hispanistes) a organisé un dialogue entre le romancier et essayiste italien, Claudio Magris et Mario Vargas Llosa autour de la littérature.

Cela donne lieu à d’intéressantes « conversations », deux monologues qui se répondent pour être exact.

Roman et société est le titre de la première, au cours de laquelle les deux écrivains dissertent sur les rapports, pour un romancier, entre fiction et politique, sur l’engagement et aussi sur le style, qui doit être différent en fonction du genre choisi.

Le temps de la fiction est un sujet capital pour les deux auteurs. Le temps est par ailleurs le débat suivant, le temps grammatical dans un roman, après d’intéressantes remarques sur Ulysse et l’Odyssée.

Entre utopie et désillusion, le chapitre Culture, société et politique, nos deux créateurs naviguent dans le pessimisme : comment lutter contre cette culture pop qui s’est imposée un peu partout dans le monde ? Comment concilier communautarisme et libertés démocratiques ? Questions qui restent en suspens.

La littérature est ma vengeance, traduit de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau et de l’espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan et Daniel Lefort, éd. Gallimard, 96 p., 12 €.

MOTE CLES : PEROU / MONDE / LITTERATURE / SOCIETES.

V.O.

Kathy SERRANO

PEROU

Kathy Serrano est née en 1968 au Venezuela. Elle est actrice, metteuse en scène et publie son premier recueil de micro récits accompagnés d’une courte pièce de théâtre.

Húmedos, sucios y violentos

2020

Commençons par la fin, une courte pièce de théâtre, Migraciones, deux personnages, un homme et une femme seuls en scène étant plusieurs personnages, tous migrants qui  représentent une foule de migrants au destin tragique, partagé par cette foule d’anonymes. Le monde entier est le cadre, pas de notation de pays ou d’époques, on sait que le sujet est universel. La scénographie, précise, joue sur la simplicité, ce que disent les didascalies ne laissent qu’un regret, de ne pas vraiment visualiser ces changements de personnages symbolisés par le seul changement de vêtements. Les monologues sont d’une force glaçante. Kathy Serrano, Vénézuelienne d’origine qui vit au Pérou, est d’abord comédienne et metteuse en scène. Elle a écrit et mis en scène à Lima ce texte qui reprend des faits réels et le publie ici pour la première fois.

 Mais Húmedos, violentos y sucios est aussi un recueil de courts récits regroupés sous trois thèmes, Furieux, Jeux, Sombres. Mais, plus qu’un recueil, il s’agit d’une sorte de réseau de micro récits, avec des thèmes et variations, des situations qui reviennent, transformés, nuancés, des surprises toujours.

La violence, comme l’annonce le titre, est bien là, mais elle n’est pas gratuite, tout comme le sexe, souvent au second plan, qui peut être plaisir mais qui est aussi douleur, physique ou morale. Beaucoup des situations sont sombres, comme le suggère là aussi un sous-titre, mais un éclat de lumière violente surgit. En dehors de la violence faite aux enfants et aux femmes, sujet récurrent, rien n’est au fond désespéré dans ces soixante six histoires (vingt deux pour chacun des trois parties), même si la vie décrite n’est pas de tout repos ! On sourit souvent quand même, d’un sourire parfois un peu crispé (l’humour noir veut cela !) et on s’amuse à retrouver, quelques dizaines de pages plus loin, une idée, une sensation déjà entrevue avant.

Kathy Serrano crée un univers bien à elle, un univers à mi-chemin entre le nôtre et un autre, qui appartient à un rêve qui peut être cauchemar, à un monde fantastique, car le fantastique a un rôle important aussi dans ces contes à ne pas mettre entre des mains trop innocentes, mais dont jouira un adulte doté de ce qu’il faut de « morale » admise par nos sociétés, il appréciera la liberté de ton, la noirceur de réalités malheureusement connues, quotidiennes et qui se répètent malgré  tout, l’humour souvent un peu grinçant, il frémira aussi assez souvent devant les injustices que nous croisons un peu trop souvent. Cette première œuvre est vraiment une splendide surprise. À renouveler !

Húmedos, sucios y violentos, ed. Estruendomudo, Lima, 180 p.

MOTS CLES : PEROU / HUMOUR / FANTASTIQUE / SOCIETE./

CHRONIQUES

Iliana HOLGUIN TEODORESCU

FRANCE COLOMBIE CHILI

Née en 2000 à Paris, Iliana Holguín Teodorescu a parcouru pendant sept mois une partie de l’Amérique latine en auto-stop, le sujet de ce premier livre.

Aller avec la chance

2020

Une Française de 18 ans seule, parcourant une bonne partie de l’Amérique du Sud en stop ! On lui a dit et répété que ce n’était pas prudent. Un camionneur colombien le lui dira directement : 80 % des gens de chez lui ont de mauvaises intentions ! D’autres sont bien plus positifs. Ce « sondage » très artisanal et spontané, c’est l’autostoppeuse elle-même qui le complète au fil des rencontres. Elle, elle fait confiance, ce qui ne l’empêche pas de rester vigilante.

Et ça marche, ou plutôt ça roule ! D’un village au nom parfaitement inconnu à une ville, seulement pour aller plus loin, elle finit par se retrouver au Sud du Chili.

La plupart de celles et de ceux qui font un bout de route avec elle sont très serviables, faisant un détour pour la déposer à l’endroit où elle souhaite s’arrêter, curieux de découvrir ce qu’elle fait là et n’étant pas avares de confidences sur ce qu’est leur vie.

Ces 190 pages ne sont surtout pas un quelconque guide touristique, on n’y trouvera aucune description de monument ou de phénomène naturel attirant, encore moins d’hôtels de prestige ou de restaurants gastronomiques. Et ce qu’Iliana Holguín Teodorescu transmet n’a pas ce filtre culturel européen qui est si fréquent dans les récits de voyages : elle transcrit le monologue désabusé d’un homme seul depuis son divorce, éloigné de ses enfants, ou le discours pur des Indiens rencontrés et sa logique si différente de la nôtre, avec toute sa poésie involontaire.

Difficile de se situer dans ce voyage sinueux sans véritable but : on croit se repérer grâce au nom un peu connu d’une ville, et on se retrouve sans repaire, cela n’a aucune importance : ce n’est surtout pas la logique, ce ne sont pas des indications pratiques, ce sont des rencontres généralement brèves, des idées prises à la volée, mais qui finissent par créer non pas une réflexion, mais une pluie d’idées, des gouttes isolées qui forment une averse. Les sujets de ces dialogues sont eux aussi variés : les moyens de vivre quand on a tout juste de quoi se loger avec sa (ou ses) famille, la vision que peut avoir un Péruvien ou un Bolivien des Européens qui viennent les observer, la générosité spontanée…

Indirectement mais nettement, c’est toute une société multiple qui se révèle par petites touches et partout, au Chili surtout, les ravages des années Pinochet et les résultats de ce néolibéralisme qui a non seulement privatisé par exemple les ressources en eau, privant les paysans des irrigations nécessaires, au bénéfice de grandes exploitations agricoles ou industrielles, et, au niveau individuel, qui a fait que l’argent gagné – ou celui qu’on aurait pu gagner – est le sujet principal, vital, pourrait-on croire, de la plupart de ces femmes et de ces hommes croisés. Malgré cette idéologie de l’argent tout-puissant, l’entraide reste bien présente, la générosité aussi.

Sans la moindre mièvrerie, voilà un livre qui donne le moral et réconcilie l’être humain qu’est le lecteur avec ses semblables, qu’ils soient proches ou de l’autre côté de l’Atlantique.

Aller avec la chance, éd. Verticales, 189 p., 18 €.

MOTS CLES : COLOMBIE / PEROU / CHILI / VOYAGE / SOCIETES / PSYCHOLOGIE / EDITIONS VERTICALES.

V.O.

Ricardo SUMALAVIA

PEROU

Ricardo Sumalavia est né à Lima en 1968. Après des études littéraires à Lima, il s’intéresse en particulier à la littérature péruvienne et à la littérature coréenne. Auteur de nouvelles et de romans, il est aussi traducteur et éditeur.

Historia de un brazo

2019

Le père du narrateur présente une particularité bénigne qu’il ne cache pas systématiquement, mais qu’il n’exhibe pas plus que ça : il bénéficie d’un bras supplémentaire, plutôt discret, mais qui est bien là, attaché à sa poitrine. C’est un fait bien connu de sa famille un peu éparpillée, il arrive au patriarche de faire des farces avec, on n’en parle pas plus que s’il s’agissait d’un léger handicap. Ce n’en est pas un  pour tout le monde, ses nombreuses maîtresses lui trouvent un charme indéniable, dans l’intimité.

Toujours vert, le brave homme, mais les années sont là et il a de plus en plus tendance à délirer, à confondre les personnes, son frère est-il son fils, la petite amie du fils a-t-elle été la sienne, ce doux délire s’introduit peu à peu dans notre récit, ce qui fait qu’on navigue entre deux, entre dix fantasmes qui sont peut-être réalité, peut-être imagination.

C’est léger, quoique vieillesse, maladie, violences diverses, amours contrariées et mort ne soient jamais très loin), c’est drôle, un peu amer tout de même, c’est agréablement bizarre, bizarre comme ce troisième bras.

En contrepoint de l’enquête sur le passé familial et de la fantaisie de ce que nous raconte Ricardo Sumalavia, mine de rien, se tisse un autre récit, subtilement, celui de la relation entre père et fils. Cette relation paraît d’abord assez baroque et elle se révèle être un bel amour entre ces personnages qui se ressemblent beaucoup sans le vouloir, sans même le savoir. Le lecteur est – avec l’auteur – le maître du secret.

Historia de un brazo , ed. Seix Barral, Lima, 96 p.

MOTS CLES : PEROU / PSYCHOLOGIE / HUMOUR / SOCIETE / FANTASTIQUE.