CHRONIQUES, V.O.

Mariana ENRÍQUEZ

ARGENTINE

Mariana Enríquez est née à Buenos Aires en 1973, elle a passé une partie de son enfance à La Plata. Après des études de communication et de journalisme, elle s’intéresse à la musique (punk et rock) et publie ses premiers textes. Elle est l’auteure de quatre romans et de trois recueils de nouvelles, parmi lesquels Ce que nous avons perdu dans le feu. Nuestra parte de noche a obtenu le prestigieux Prix Herralde à Barcelone en 2019.

Bajar es lo peor

1995 / 2022

Trois jeunes gens se partagent la vedette de ce premier roman de Mariana Enríquez, si on peut nommer vedettes ces épaves de la nuit qui errent d’un bar à l’autre dans ce Buenos Aires des années 90, se droguent, se prostituent. Personne, homme ou femme, ne peut résister au charme et à la beauté surhumaine de Facundo, ni Narval, hanté par des apparitions inquiétantes qu’il est le seul à deviner, ni Carolina, que sa famille bourgeoise a renoncé à sauver de ses ondes négatives.

Malgré des ressources irrégulières mais solides (vente de drogues, prostitution), Facundo manque souvent d’argent comme ses « amis ». Partout règne la peur, peur de ses apparitions chez Narval, peur de la mort qu’ils ont parfois frôlée de près, peur qu’ils imposent aux autres. Peur surtout d’eux-mêmes, Facundo est hanté la nuit par des cauchemars horribles qui  s’imposent à lui depuis l’enfance, c’est pour cela qu’il ne peut passer une nuit seul, ce qui ne l’empêche pas de très peu dormir. Narval, lui, subit les apparitions  de ces fantômes dont il n’arrive plus à savoir s’ils sont visions ou personnes réelles. L’alcool et les drogues, qu’ils voient comme une aide, contribuent à les enfoncer davantage.

Une violence feutrée parcourt le roman. Drogues, alcool, sexe, nuits sans sommeil remplissent, si l’on peut dire, la vie des personnages, une vie très vide en fait, cela ressemble à l’ennui éternel, c’est une souffrance sourde mais profonde dans des décors sans charme, une souffrance humaine, ces hommes et ces femmes ne sont pas des pantins et la narratrice ne veut surtout pas les  juger.

On pourrait parler d’amitiés, d’amours, d’amitiés amoureuses, parfois même de tendresses partagées si on était dans un monde familier. Mais celui que décrit Mariana Enríquez (qui existe bien dans la réalité, à Buenos Aires et ailleurs), semble passer à travers des visions diffractées, comme biseautées, et l’horreur n’est jamais très éloignée, elle peut faire irruption à chaque instant. Les monstres qui visitent Narval sont des êtres répugnants, il n’a pas la force de les chasser quand ils font irruption dans sa vie, mais ceux qu’il fréquente dans sa vie réelle ont de troublantes ressemblances. Le pire est peut-être la conscience qu’il a de tout et de l’impossibilité de plus en plus prégnante de séparer ce qu’il sait, de ce qu’il croit savoir imaginaire et sa réalité.

À mi-chemin entre l’hyperréalisme des bas fonds et la fantastique d’horreur, Mariana Enríquez maintient un fragile équilibre qui ne se rompt jamais, entre amour, indifférence et amitié, entre une dose de plus d’alcool ou de drogue et une dose de trop, entre la vie et la mort, le bien et le mal peut-être (ces notions ont-elles encore une quelconque valeur dans ce contexte ?). Qu’elle ait écrit cela à moins de vingt ans est déjà impressionnant, que plus de vingt ans après cela reste aussi fort l’est encore plus.

Bajar es lo peor, ed. Alfaguara, 273 p.

MOTS CLES : ARGENTINE / SEXE / DROGUE / PSYCHOLOGIE / VIOLENCE / SOCIETE / HOMOSEXUALITE / EDITIONS ANAGRAMA.

Ne manquez pas le roman (Prix Herralde et Prix de la Critique en Espagne en 2019) de Mariana Enríquez, Notre part de nuit, chef d’oeuvre absolu de roman noir, gothique, fantastique et réaliste à la fois. Mon commentaire sur AnnA :

Et, dans la même veine argentine de roman autour de la vie nocturne gay ou transgenre, de la prostitution et de la drogue, deux très bons livres :

Les vilaines de Camila Sosa Villada :

et Los putos de Ioshua :

CHRONIQUES, ROMAN BOLIVIEN, ROMAN BRESILIEN

Cesare BATTISTI

ITALIE – BOLIVIE – BRÉSIL

Né en 1954 au sud de Rome, Cesare Battisti est connu pour ses démêlés avec la justice italienne autant que pour son œuvre littéraire (une vingtaine de romans ou d’essais). Condamné pour assassinat, à l’époque des années de plomb, il fuit à l’étranger après son évasion d’une prison italienne. Il passe 8 ans au Mexique, 14 ans en France, 14 ans au Brésil avant de se réfugier en Bolivie (2018 – 2019) où il est arrêté par Interpol, puis transféré dans une prison italienne. En 2019, il reconnaît sa responsabilité dans quatre assassinats.

Le guet-apens

2022

Adriano vient d’être enlevé quelque part en Bolivie, son avion le débarque, il le saura plus tard, en Sardaigne. Ayant quitté le Brésil pour échapper à la police du Capitaine (Jair Bolsonaro), il devait en principe se trouver en sûreté dans une petite ville bolivienne, un petit groupe de sympathisants, proches du gouvernement de La Paz, se demandent comment il a pu être trahi, c’est bien ce qui s’est produit.

Désormais, pour Adriano, il s’agit de survivre : il est, après quarante ans de fuite, dans une prison de haute sécurité, il ne doit pas flancher.

À La Paz, on parle officiellement mais discrètement de « raison d’État », la droite et l’extrême droite progressent sur tout le continent, la Bolivie, pour survivre (elle aussi) a, semble-t-il, dû céder : un terroriste recherché par toutes les polices du monde contre la paix intérieure d’une nation.

À Rio de Janeiro où Adriano avait vécu longtemps, d’autres militants exilés pour la plupart survivent (eux aussi) dans la nostalgie et dans la sensation d’être parvenus au bout de tout.

En Sardaigne, Adriano pousse les murs de sa cellule en visualisant Rio et ceux qu’il y a laissés, Heléna et leur fils et ce qui peut être leur présent, ce qui pourra être leur avenir et surtout son propre passé puisque toute idée de futur lui est fermée.

C’est évident, il y a une bonne proportion d’autobiographie dans Le guet-apens, mais Cesare Battista, qui l’a écrit dans sa cellule sarde, a tenu à écrire un roman. Les chapitres non numérotés, qui semblent donc extérieurs à l’action et qui concernent directement un Adriano au bout de sa course, sont courts, ont un ton neutre. L’homme emprisonné ne veut jamais avoir l’air de se plaindre, son intérêt est ailleurs, dans ce qu’il n’a pas vécu directement (les coulisses de sa fuite et de son arrestation) et ce que ses pensées lui permettent d’imaginer : c’est bien là le principe de tout roman.

À La Paz, la vie politique est compliquée : Evo Morales, après l’euphorie des premiers mois, doit lutter contre ennemis déclarés et amis qui commencent à douter de ses capacités à garder la ligne originelle.

À Rio et à São Paulo, Bolsonaro est tout juste élu, il commence sans cap très net et sans la moindre compétence à se voir en maître absolu et n’hésite pas à faire taire ses opposants par la violence. Adriano se revoit arpentant des rues, rencontrant amis et sympathisants politiques. Adriano, du fond de sa cellule – et Cesare Battisti dans sa prison sarde – reconstruisent tout un monde secret, le secret que doivent tenir ces groupes parmi lesquels se mêlent le rôle officiel que chacun doit jouer avec ses dangers permanents, le personnel et l’intime, les amours à l’intérieur du groupe, les soupçons qui naissent : qui a trahi ? Par conséquent les côtés politiques, militants, évoluent vers une enquête d’autant plus serrée qu’elle porte sur des très proches. «  Je suis une chose, la lutte à laquelle nous participons en est une autre » dit un personnage, et c’est bien l’expression qui s’applique à ce roman qui hésite un peu entre la lutte politique et la lutte très personnelle, on ne sait pas toujours laquelle privilégier. On atteint toutefois une vraie profondeur quand Adriano revient sur son expérience d’homme traqué qui ne renie pas l’extrême violence de son passé, mais qui a pris le recul que lui ont apporté les années : ce qui a été n’est pas effacé, cela appartient à une réalité différente.

« Dans son pays, il n’y a plus de cause à défendre », cette phrase s’applique aussi bien à Adriano qu’à Cesare Battisti. Nous parlons bien ici d’un roman. Qu’en est-il de la situation personnelle de son auteur ? Peu importe pour le lecteur, il n’a pas la compétence, et encore moins la légitimité, pour porter un jugement : le roman l’intéresse. Rien de plus.

Le guet-apens, traduit de l’italien par Vincent Raynaud, éd. du Seuil, 416 p., 21 €.

MOTS CLES : BOLIVIE / BRÉSIL / POLITIQUE / SOCIETES / VIOLENCE / PSYCHOLOGIE / EDITIONS LE SEUIL.

Pour compléter cette lecture, onpeut se replonger dans le roman précédent de Cesare Battisti, Indio qui se situe au Brtésil et lire mon commentaire sur AnnA…

… et, Jair Bolsonaro étant très présent dans Le guet-apens, prendre ou reprendre le Cauchemar brésilien de Bruno Meyerfeld :

ACTUALITE, CHRONIQUES, ROMAN BRESILIEN

Bruno MEYERFELD

BRÉSIL – FRANCE

Journaliste franco-brésilien, correspondant au Brésil pour Le Monde, Bruno Meyerfeld vit à São Paulo.

Cauchemar brésilien

2022

Jair Bolsonaro, petit fils d’immigrés italiens installés dans une petite ville, Eldorado (rien que ça !) à la fin du XIXème siècle., militaire de formation mais qui a quitté l’armée depuis fort longtemps, est élu à la tête du Brésil et prend ses fonctions le 1er janvier 2019. Le monde entier le connaît pour ses excès de langage et d’attitudes, le compare à Donald Trump bien qu’il dépasse considérablement les démesures du gringo, mais Bruno Meyerfeld, journaliste franco-brésilien qui vit là-bas a voulu décrypter la personnalité complexe de celui qui est encore le chef de l’État.

Chaque chapitre est rythmé par une description intime du palais présidentiel à Brasília, des appartements hantés les nuits par les déambulations silencieuses d’un homme insomniaque et paranoïaque qui erre et envoie des messages à ses ministres à 3 ou 4 heures du matin. C’est aussi un  homme qui ne connaît aucune forme de la notion d’ouverture : hors de son milieu et de sa famille, il reste étranger à tout, il n’a aucune notion de ce que sont la « bourgeoisie » locale, les grands propriétaires, les intellectuels,  les artistes, et même sa vision des militaires est très incomplète, lui qui a fini capitaine, alors le reste du monde… Il n’est sorti du Brésil que trois fois avant son élection, lui qui se trouve à la tête d’un État pivot, pas seulement en Amérique latine : le Brésil disposait de davantage de représentations dans le monde que la Grande Bretagne avant que le président Jair Bolsonaro en ferme un certain nombre.

Rien n’a échappé au journaliste franco-brésilien qu’est Bruno Meyerfeld, même pas les quelques bons côtés du personnage sulfureux et maladroit, ni ses gaffes invraisemblables (demander à Donald Trump cravaté de rose s’il n’avait rien trouvé pour homme dans sa garde-robe !) ni bien sûr son amateurisme qui devient criminel quand il nie la pandémie avec, pour conséquence, 650 000 morts du Covid sur le territoire. Ni l’influence de sa dernière épouse, pétrie d’une de ces religions douteuses venues des États-Unis. Ni sa propre influence (c’est un euphémisme) sur ses trois fils aînés dont il a fait ses acolytes (ses complices consentants) qui imposent sans douceur le pouvoir de leur père sur ce qui touche à la finance, à la communication et à la « diplomatie » à la sauce Bolsonaro : l’un d’eux était présent dans le cercle très réduit des proches de Trump le jour de l’assaut du Capitole de Washington. La communication, autrement dit la diffusion de fausses nouvelles à une échelle industrielle était l’élément principal du trio.

Aussi insaisissable que Donald Trump ou que Poutine, de quoi sera capable cet homme au lendemain de l’élection des 2 et 30 octobre ? Le livre se termine sur cette question, un livre indispensable si on veut connaître sous tous ses angles un Brésil actuel, divisé mais vivant d’espoir.

Cauchemar brésilien, éd. Grasset, 368 p., 23 €.

MOTS CLES : BRÉSIL / POLITIQUE / HISTOIRE / SOCIETE / CORRUPTION / VIOLENCE / EDITIONS GRASSET.

CHRONIQUES, ROMAN CUBAIN

Marcial GALA

CUBA

Marcial Gala est né à Cienfuegos en 1963. Poète, essayiste et romancier, il a obtenu de nombreux prix, en particulier pour La cathédrale des Noirs, puis pour Appelez-moi Cassandre. Il a publié des poèmes, cinq volumes de nouvelles et deux romans. Il vit à Buenos Aires.

Appelez-moi Cassandre

2019 / 2022

Dès les premières pages, on ne peut qu’être subjugués, éblouis. On est pris dans un tourbillon  dans lequel lieux et époques n’ont plus aucune réalité, aucune valeur matérielle. Rauli est un enfant, puis un adulte, jeune transgenre (à la fin des années 90, l’époque de l’action, on ne les appelait pas ainsi) élevé dans une petite ville cubaine que sa mère associe à sa sœur morte jusqu’à lui faire endosser des robes, puis soldat cubain en Angola, il n’est pas mort, mais sera tué, il le sait comme il connaît le sort de ses compagnons d’armes mais il n’en parle à personne. Comme Cassandre, dont il sait qu’il est non la réincarnation, mais qu’il est  Cassandre, il/elle garde pour lui/elle le secret de ce qui se produira.

Tout est limpide pourtant dans ce récit qui trouve ses racines dans un Homère dont les dieux ne seraient pas que ceux de l’Olympe mais que s’y ajouteraient les références chrétiennes et vaudoues, et aussi cette espèce de religion rajoutée par le castrisme : le marxisme-léninisme revisité par Fidel. Rauli/Cassandre a été élevé par un couple cabossé, la maîtresse du père, une Russe s’insinuant dans le foyer et éduquant le petit Rauli qui finit par accepter, malgré les écueils, sa particularité et a grandi mi-garçon, mi-fille pour la façade et fille dans un corps de garçon pour lui. À l’armée, les vexations ne manquent pas et, bien pire encore, il subit, « parce c’est comme ça ».

J’insiste, malgré le contexte (la mythologie, les religions qui  s’entremêlent, l’histoire contemporaine de Cuba), Marcial Gala a trouvé le ton juste pour conduire son lecteur sans lui imposer aucune pédanterie, aucune difficulté.

On a sous les yeux la vie « normale » dans une ville de province cubaine dans les années 70, la vie des soldats cubains près du front en Angola, avec un Raulito qui subit son destin : il n’est pas le « pédé », ce mot qu’il entend depuis ses plus jeunes années, la sexualité est hors de ses préoccupations et même de ses besoins, il est Cassandre et agit en plein XXème siècle comme elle aurait agi elle-même, elle sait son futur et celui des autres, sa famille ou les militaires qui  l’entourent, il/elle n’en dit rien, on sait pourquoi si on a lu Homère, mais il n’est pas nécessaire de l’avoir lu pour être ému par ce qu’exprime cet être mi-masculin, mi-féminin dont la force quasi divine est occultée par ses faiblesses purement humaines. Et ces faiblesses ne sont qu’illusion, car lui/elle voit l’invisible, l’insaisissable, l’infini : Hector et Ajax près de Napoléon au pied des pyramides, lui-même proche des orishás cubains. Rauli n’est que le dépositaire éphémère d’une éternité englobant le tout.

À Cuba, l’enfant chétif est la proie des violences idiotes de ses petits camarades qui se croient virils, mollement défendu par les institutrices et poussé à la féminité par sa mère. En Angola, il est la risée de beaucoup de soldats de son régiment, pas de tous, et la victime ambiguë de son capitaine, des jours, des semaines plus tôt, il voit se réaliser la mort violente de ces militaires qui sont ses compagnons. Il vit ce que lui a imposé le sort, peut-être les dieux.

J’ajouterai que cet immense roman est la démonstration évidente que l’idée de « réalisme magique » (j’avoue n’avoir jamais bien compris le sens de ces deux mots accolés en dehors d’une regrettable réduction, d’un rétrécissement de leurs sens cumulés) est absolument vaine : ce roman, comme beaucoup d’autres ainsi qualifiés, ne supporte pas d’entrer dans une case, quelle qu’elle soit : il est, ils sont, un jaillissement impressionnant d’images, d’idées, un torrent de sensations pour les personnages et pour les lecteurs. Un plaisir sensoriel et intellectuel qui ne s’épuise que parce qu’il a une fin, la page 277 ici.

Appelez-moi Cassandre est un drame très accessible aux lecteurs mais dont l’absolu dépasse les personnages.

Appelez-moi Cassandre, traduit de l’espagnol (Cuba) par François-, Michel Durazzo, éd. Zulma.

Marcial Gala en espagnol : Llámenme Casandra, ed. Arte gráfico, Buenos Aires / La catedral de los negros, ed. Corregidor, Buenos Aires.

Marcial Gala en français : La cathédrale des Noirs, ed. Belleville éditions.

MTS CLES : CUBA / HISTOIRE / GUERRE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / MYTHOLOGIE / VIOLENCE / RELIGIONS / EDITIONS ZULMA.

On peut aussi lire ma chronique publiée sur AnnA le 25 octobre 2021 sur un autre roman de Marcial Gala La cathédrale des Noirs :

CHRONIQUES, ROMAN ARGENTIN

Perla SUEZ

ARGENTINE

Née en 1948 à Córdoba, Perla Suez a terminé des études de Lettres et de Cinéma en France, puis au Canada. Ses vingt premiers romans sont destinés aux enfants avant qu’elle s’adresse à un plus vaste public. Depuis 2000, elle a publié une dizaine de romans. El país del diablo a obtenu le Prix Rómulo Gallegos.

Le pays du diable

2015 / 2022

Par quel miracle Perla Suez arrive-t-elle à faire que nous entrions de façon aussi intime dans ce monde d’affrontement, moment d’histoire pour tout un pays, l’Argentine, moment absurde pour nous, lecteurs extérieurs ?  Entre 1878 et 1885, l’État argentin donna à ses troupes l’ordre d’envahir de vastes territoires indiens (mapuches, parmi d’autres) pour, officiellement, (re)prendre les terres conquises jadis par les Espagnols. C’est le cadre historique qu’utilise Perla Suez, mais ce n’est qu’un cadre, ce qu’elle veut montrer, ce sont aussi des destins humains. D’un côté, des Indiens isolés qui existent par leur culture, en face une troupe de jeunes gens, qui se retrouvent là obligés ou par hasard, et parmi eux un Indien. Ce pourrait être l’image glorieuse, en cinémascope, version Hollywood, c’est la misère humaine. La force, énorme, du récit, c’est le contact direct que l’auteure impose. C’est vrai pour les deux « camps ». Mais, quand on est à côté des Indiens, c’est pour suivre une cérémonie séculaire dont on devine les racines. Le rite a beau être simple, le dépouillement n’empêche pas la grandeur. Peu avant un massacre général, Lum, une adolescente, devient machi, une chamane, désormais elle aura un pouvoir.

Du côté de la troupe, c’est le contact avec la boue, les insectes, la faim. « Aller à la guerre, c’est pire que d’élever des cochons », dit un lieutenant fatigué, et sa fatigue, son découragement se ressentent à chaque page.

Pendant qu’aux États-Unis la conquête de l’Ouest était l’application de la loi de la jungle, le plus fort étant évidemment le Blanc (on a voulu oublier qu’il y avait une certaine proportion de cowboys noirs, esclaves affranchis), en Argentine, c’est l’armée qui faisait la conquête de terres vierges à offrir aux futurs exploitants venus d’Europe. Cette campagne la « Conquête du Désert », dura presque huit ans. Les victimes, aux États-Unis comme en Argentine, furent les mêmes, les Indiens. Ici, c’est Lum.

Cette «  conquête », Perla Suez en montre l’absurdité tragique. Les militaires, qu’on voit rarement actifs, jouent aux cartes, font griller des viandes juteuses, ils ont fini par oublier la cause de leur présence. La nature est cruelle, ils le sont quand ils ont à avancer pour retrouver leur camp de base. Lum, seule face à ces deux réalités, l’armée argentine et la nature, observe, elle souffre, sans bien comprendre pourquoi, de voir un oiseau tué par une arme militaire. Nous devinons, par contre qu’étant indienne, ayant été initiée, elle a le contact naturel avec ce qui l’entoure, elle partage d’ailleurs ce contact avec l’Indien soldat, celui qui est entre les deux mondes.

La volonté de Perla Suez de refuser tout « effet de style », de contenir ses phrases et ses mots, rend la violence qui est partout encore plus choquante : elle nous montre simplement une fille et des hommes tout à fait ordinaires, un paysage qui n’a rien de grandiose et pourtant, grâce à ce parti-pris de la narratrice, elle transfigure ces « petits » personnages, ces « petits » événements en un drame qui s’élève au niveau de l’épopée modeste et universelle à la fois. Elle crée un réalisme si réel qu’il en devient fantastique à plusieurs reprises.

Je parlais de miracle pour commencer, c’en est un, pas religieux, littéraire.

Le pays du diable, traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Aubergy, éd. L’Atinoir, 155 p., 14 €

El país del diablo, ed. Edhasa, Buenos Aires, 2015, 192 p.

MOTS CLES : ARGENTINE / HISTOIRE / ROMAN HISTORIQUE / SOCIETE / VIOLENCE / EDITIONS L’ATINOIR.

Cette chronique a été publiée sur Anna le 26 novembre 2020 dans la section VO.

Par ailleurs on peut lire mon commentaire d’un autre roman de Perla Suez, Furia de invierno, publié, toujours dans la section VO, le 16 décembre 2020 :

CHRONIQUES, ROMAN ARGENTIN

Ricardo ROMERO

ARGENTINE

ROMERO, Ricardo

Né en 1976 dans la province d’Entre Ríos, après des études de Lettres à Córdoba, il s’est installé à Buenos Aires où il est éditeur. Il a publié une demi-douzaine de romans.

Les chiens de la pluie

2011 / 2022

Il pleut très fort cette nuit à Paraná, au nord-ouest de Buenos Aires. Minute après minute, dans différentes parties de la ville, des gens vivent l’instant : un gardien de cimetière handicapé mental léger dont le chien Duque a disparu, une jeune femme dont la robe rouge attire les regards, deux tueurs à gage,  deux hommes, voisins de couloir dans un hôtel miteux que tout semble opposer (quitter la ville ou y revenir), un adolescent qui s’accroche à sa batterie qu’on entend dans tout le quartier.

Au début on est désorienté, on n’a pas de repères, l’obscurité, la solitude semblent être tout ce qui  pourrait les rapprocher, la pluie battante qui paraît ne jamais devoir s’arrêter. Les actions des personnages sont étranges mais ont pourtant l’air raisonnées. Étranges aussi les phrases, comme une poésie un peu poisseuse qui est celle de la ville dont l’averse fait briller les ombres. Le narrateur nous fait partager certaines images que voient ou croient voir les personnages et nous fait douter de ces visions : un fantôme peut-il avoir avec lui un parapluie ?

Peu à peu chacun nous devient plus familier. La succession de courtes scènes, toutes situées précisément, heure et lieu, qui s’arrêtent d’un coup nous mettent dans ces mêmes sensations, obscurité, humidité, solitude, celle du lecteur cette fois. Il faut se laisser porter par l’inconnu qui peu à peu s’éclaircit.

Les acteurs du récit vivent leur vie nocturne et mouillée malgré l’obscurité humide de cette soirée qui devient petit matin, une certaine logique apparaît, elle semble paradoxale parmi ces actes inexpliqués qui finissent par faire découvrir leur raison d’avoir été. Mais après tout l’explication, la raison, le raisonnable sont-ils nécessaires ? Le plaisir de la lecture est ailleurs, dans cette atmosphère qui colle physiquement aux hommes et aux femmes, jeunes et vieux, pris dans des activités dont ils sont les jouets, dans leur lutte pour nouer des liens avec d’autres, proches ou inconnus, avec des résultats variables.

L’enfer est-il sur cette terre imbibée de cette pluie qui ne s’arrête que quelques minutes pour mieux recommencer, dans cette nuit humide où l’on tue ou on se fait tuer comme si rien d’autre n’était envisageable, ou sous cette terre boueuse, dans les effondrements provoqués par l’averse, dans les galeries creusées jadis qui deviennent des labyrinthes  où s’égarent chiens et hommes ? N’est-il pas en chacun des personnages qui ne savent plus…

Les chiens de la pluie, traduit de l’espagnol (Argentine) par Maïra Muchnik . ed.. Asphalte. 272 p., 22 €.

Ricardo Romero en espagnol : Perros de la lluvia, ed. Norma – La Otra orilla.

Ricardo Romero en français : Je suis l’hiver, éd. Asphalte.

MOTS CLES : ARGENTINE / ROMAN NOIR / VILLE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / VIOLENCE / EDITIONS ASPHALTE.

On peut aussi lire sur AnnA mon commentaire sur Je suis l’hiver de Ricardo Romero :

CHRONIQUES, ROMAN DES CARAÏBES

Makenzy ORCEL

HAÏTI

Makenzy Orcel est né à Port-au-Prince en 1983. Poète et romancier, il a obtenu plusieurs prix littéraires importants.

Une somme humaine

2022

Le métro parisien. Une femme se jette sur les rails. Elle meurt. Elle est la narratrice de ce vaste roman dans lequel interviennent deux hommes, Orcel et Makenzy, l’un des deux n’a pas été à ses yeux des plus tendres et des plus attentionnés.

Les débuts dans la vie de la narratrice ont été moroses : une enfance dans un village perdu de la province française profonde, très profonde, entre des parents (appelés géniteurs), « égoïstes, méchants, insignifiants », une adolescence pesante, aussi renfermée que la jeune file qui subit sa famille, dont l’oncle prédateur qui a réussi, lui, tout le contraire du père et les camarades de collège qui n’ont rien, dans leur attitude de ce que devrait signifier le mot camarade. Une grand-mère aimante tempère un peu l’ambiance mortifère et malsaine, une grand-mère discrète qui a su conserver de saines bouffées de liberté et refuse toute nostalgie.

Pour la jeune femme, il ne reste qu’une solution, la fuite. Paris. Délivrée du poids insupportable de la famille et des souvenirs cruels, elle doit affronter la précarité et la solitude.

Une somme humaine, le titre est ambitieux. Makenzy Orcel assume cette ambition et réussit dans la description d’une société française, qui n’est pas celle de ses origines et dont il connaît les failles. La femme humiliée, les migrants repoussés, la jeunesse ignorée, le tableau est gris mais réaliste. Il alterne très habilement les points de vue en jouant par exemple avec les techniques cinématographiques : l’acteur qui joue le rôle d’un des personnages n’a pas forcément le même point de vue que le scénariste… ou que le romancier. Il alterne aussi les styles, les ambiances, pure poésie parfois, hyperréalisme à d’autres moments. Le style de Makenzy Orcel est inclassable, si l’on peut parler de style pour ce long texte aux tonalités multiples dans lequel le seul objectif est d’adapter un généreux talent, celui de l’auteur, à ce qu’il souhaite transmettre à son lecteur qui, lui, doit se soumettre à cet éclatement de mots, de phrases, d’images, de sensations.

Admirable, ce panorama d’une société, celle de la province et celle de la capitale, qui part à vau-l’eau dans les deux cas. Admirable, le choix des thèmes qui motivent la narratrice, les violences subies par toute fille, puis toute femme étant celui qui revient le plus souvent, avec la dérive de la plupart des personnages qui manquent d’un objectif et glissent vers des néants jamais comblés par l’alcool, les drogues ou le sexe mal maîtrisé. Admirable, oui, admirable, cette noirceur sans remède qui imprègne l’existence de la narratrice coupable de ne pas avoir su lutter contre ses démons et victime de les avoir subis sans trêve jusqu’au non-retour.

En sortant de son pays d’origine, Haïti, Makenzy Orcel fait un pas en avant dans sa trajectoire déjà brillante d’écrivain. Une somme humaine sera sans aucun doute une étape importante dans une œuvre originale et forte qui fait honneur à la francophonie.

Une somme humaine, éd. Rivages, 624 p., 22 €.

MOTS CLES : FRANCE / HAÏTI / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / VIOLENCE / FAMILLE / POESIE / EDITIONS RIVAGES.

Autres chroniques sur les oeuvres de Makenzy Orcel à lire sur AnnA :

Maître Minuit :

L’empereur :

Pur sang (poésie) :

CHRONIQUES, ROMAN ARGENTIN

Sara ROSENBERG

ARGENTINE

Sara Rosenberg est née à San Miguel de Tucumán, au nord-ouest de l’Argentine. Etudiante, elle est arrêtée pour son militantisme et emprisonnée pendant trois ans. Elle vit à Madrid.

Un fil rouge

1998 / 2012 / 2022

Julia a milité en Argentine dans les années 1970 dans les groupes révolutionnaires. Un documentaire sur elle par un homme qui a connu la jeune femme se prépare sous nos yeux dans un désordre apparent. Peu à peu, c’est toute la vie de Julia qui se reconstitue, son enfance dans une famille plutôt aisée, les distances qu’elle prend par rapport à ses parents, son activité dans les groupes qu’elle commence à fréquenter, ses amours et ses souffrances.

Des interviews enregistrées, des extraits des cahiers de Julia, les pensées de Miguel, l’ami du passé qui voudrait en savoir plus sur le destin de cette Julia, enthousiaste et désabusée, qui a été heureuse et a souffert. La reconstitution par l’homme qui a muri (la dernière interview est faite à la fin des années 80) est complète, on voit bien les contrastes dans la personnalité de l’héroïne, certains la méprisent, d’autres la jalousent, on l’admire aussi, parfois sans bien arriver à comprendre ses actes. Sans aucune présence directe elle est au centre de tout le roman, avec ses failles comme ses grandeurs.

Sara Rosenberg mène d’une main sûre ce récit de mémoire qui dresse un tableau complet de cette époque dramatique de l’Argentine, les violences injustifiées, les trahisons, la droiture de certains, la douleur des proches, tous les aspects du cauchemar argentin apparaissent dans le roman, les enfants volés, les exécutions sans jugement, les souffrances des militants, les menaces contre leurs proches.

Un fil rouge est un roman utile. Utile pour maintenir une mémoire nécessaire. Utile pour montrer le destin tragique d’une jeunesse qui n’a pas voulu se laisser écraser par des autorités illégitimes dont une forme de violence était le moyen de dominer. Utile pour nous inciter à  résister à toute forme d’autoritarisme.

Un fil rouge, traduit de l’espagnol (Argentine) par Belinda Corbacho, éd. La Contre Allée, 257 p., 9,50 €.

Sara Rosenberg en espagnol : Un hilo rojo, ed. Espasa, Madrid.

Sara Rosenberg en français : Contre-jour, éd. La Contre Allée.

MOTS CLES : ARGENTINE / DICTATURE / MILITANTISME / HISTOIRE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / VIOLENCE / EDITIONS LA CONTRE ALLEE.

CHRONIQUES

Philippe PRATX

FRANCE – COLOMBIE

Philippe Pratx est né en 1960 à Albi. Il a voyagé à travers le monde. Il est l’auteur de romans et recueils de nouvelles, ainsi que de poèmes, comme Canto humilde / Humble chant qui se situe en Colombie.

Canto humilde – Humble chant et autres chansons

2022

Colombie : des images à l’état brut, sans ornements inutiles : une silhouette dans une rue inondée de soleil, les produits à vendre dans une boutique, des animaux maigres qui errent. Et, à travers ces sensations, une ambiance. Les vers de ces poèmes, coupés par des blancs, comme cisaillés, donnent le rythme.

Les voix se succèdent. Toutes sont modestes. La forme est variée, la liberté du poète adapte les mots à l’image ou à l’idée. L’image, ce sont les arbres, très présents, les gens ; l’idée c’est l’histoire violente de la Colombie, c’est la lutte des gens pour tenter de vivre et y arriver malgré tout.

Et aussi, toujours là sous les vers, dans les vers, dans les mots des poèmes, se trouve la vérité de vivre en Colombie au XXIème siècle, avec les migrants venus du Venezuela, plutôt mal vus, la misère quotidienne, et les dominants jaloux de leur situation.

Dans un langage moderne, Philippe Pratx reprend des thèmes très classiques ou même romantiques : les ravages du temps qui passe, la nostalgie, inutile mais qui ressort souvent, les amis perdus, le tout en prise directe avec le présent, la souffrance des humbles et la nature violée.

La dernière partie de ce Canto humilde est une longue liste de victimes de la violence du pays, elle fait penser à celle des féminicides du nord du Mexique dans 2666 de Roberto Bolaño. Un sommet de l’émotion.

Ce recueil sensible, original, est un bel hommage à la fierté, à la dignité des humbles.

Canto humilde – Humble chant et autres chansons, éd. L’Harmattan, 92 p., 12 €, version numérique 8,99 €.

MOTS CLES : COLOMBIE / POESIE / SOCIETE / ECOLOGIE / VIOLENCE / EDITIONS L’HARMATTAN.

CHRONIQUES

Jean-Christophe RUFIN

FRANCE / MEXIQUE

Jean-Christophe Rufin est né à Bourges en 1952. Il a été ambassadeur de France, enseignant, président d’une ONG. Il est médecin. Il a publié une trentaine d’ouvrages.

Notre otage à Acapulco

2022

J’avoue ne pas avoir lu les précédentes aventures d’Aurel Timescu, le héros (si l’on peut dire) récurrent de Jean-Christophe Rufin, un vague consul-enquêteur qui n’a qu’un seul but dans la vie, en faire le moins possible.

Cette fois il est envoyé par ses supérieurs du Quai d’Orsay au Mexique : une jeune femme, Martha Laborne a soudain disparu, ou tout au  moins cessé d’envoyer de ses nouvelles. Ce serait un cas assez banal si Martha n’était la fille d’un ex-ministre en pleine campagne électorale pour retrouver son poste de député.

Aurel découvre Acapulco, une ville qui a été la Perle du Pacifique, un des principaux attraits touristiques mexicains dans les années de l’après 2ème guerre mondiale, fréquentée par les vedettes hollywoodiennes et qui depuis a périclité, gangrenée par la guerre entre cartels de la drogue. Il décide d’ailleurs de loger dans un ancien palace qui avait appartenu à Johnny Weissmuller et à John Wayne, lieu idéal pour passer une ou deux semaines de farniente total à regarder les somptueux couchers de soleil sur la mer. On lui a demandé en haut lieu de garder la plus grande discrétion, le sachant peu doué pour l’action.

Hélas, il aime bien parler et de confidence en indiscrétion, il se trouve malgré lui en train de faire avancer, bien involontairement, une enquête qui ne dit pas son nom.

Cette parodie un peu absurde de roman d’espionnage ou/et de polar est savoureuse, on suit avec sympathie Aurel, personnage peu charismatique, peu flatté par la nature mais qui ne se méprise pas pour autant. Il a quelque talent et il est assez bon pianiste pour animer les soirées de week-end de son hôtel avec un réel succès, dû en partie à une bonne dose de mezcal ou de tequila, on ne sait plus très bien. À côté de ça, il en fait le moins possible pour découvrir quoi que ce soit sur Martha Laborne. Et pourtant, bien malgré lui, les renseignements se multiplient. L’ambassadeur de France à Mexico, assez peu diplomate dans son comportement, joue un rôle ambigu, mais c’est aussi le rôle de chacun des comparses, officiels et officieux, qui n’est pas clair, ce qui rajoute un charme à ce roman hors normes.

Un roman dont le côté documentaire n’est pas négligeable. Les deux époques d’Acapulco vivent et revivent par les yeux d’Aurel : faste tape-à-l’œil des stars d’Hollywood, bagarres sanglantes au coin des rues dans l’actualité, avec des personnages douteux, les plages ensoleillées et les échoppes pour touristes (il y en a encore), Jean-Christophe Rufin décrit cela avec un grand talent. Il découvre aussi des aspects moins connus des cartels, par exemple certains contacts qu’ils entretiennent entre eux au-delà de la guerre sans merci qu’on connaît. Il y en a tout de même seize rien qu’à Acapulco. C’est aussi une autre vision des caïds que montre le roman, bien moins manichéen que celle propagée la plupart du temps.

On ne peut qu’être satisfait d’une lecture qui distrait, qui amuse et qui témoigne. C’est le cas de ce Notre otage à Acapulco, une réussite de plus de Jean-Christophe Rufin qu’on avait pu apprécier dans des genres différents.

Notre otage à Acapulco, éd. Flammarion, 382 p., 20 €.

MOTS CLES : MEXIQUE / ROMAN NOIR / POLAR / HUMOUR / SOCIETE / VIOLENCE / POLITIQUE / PSYCHOLOGIE / EDITIONS FLAMMARION.

Notre otage à Acapulco peut renvoyer à plusieurs romans déjà commentés sur AnnA : Des châteaux en enfer de Vilma Fuentes, sur le moment où Acapulco glisse du tourisme de luxe vers le narcotrafic, thème souligné dans Notre otage à Acapulco, ou, dans un autre genre, Le conseiller, de Jean-Christophe Potton, sur les coulisses d’une autre ambassade de France (en Uruguay), un roman plein d’humour comme Notre otage à Acapulco.