CHRONIQUES, ROMAN PERUVIEN

Renato CISNEROS

PÉROU

Renato Cisneros est né en 1975 à Lima, dans une famille qui se partage entre la littérature et la politique. Son père a été un ministre très proche des dictateurs latino-américains. Après des études de communication et de journalisme, il exerce à la radio, la télévision et dans la presse écrite. Il a publié des recueils de nouvelles, de poésie et quatre romans.

 La distance qui nous sépare

2015 :/ 2017

Poète depuis son enfance, journaliste, présentateur de radio et de télévision, Renato Cisneros est aussi le fils d’un des dirigeants les plus durs de la dictature militaire qui a sévi au Pérou dans les années 1970. L’idée de ce qu’il appelle un roman s’est imposée à lui : tenter de reconstituer ce qu’il a  vécu avec cet homme rigide, ami personnel de Videla ou de Pinochet qui était avant tout son père. Et il réussit de façon magistrale.

Comment parler à autrui d’une famille « multiple », dont la plupart des aïeux a eu au moins deux descendances parallèles, dont la plupart ces hommes a eu un destin national dans la presse ou dans la politique et dont un des derniers rejetons, Renato, se retrouve en 2015 dans la plus grande perplexité par rapport à lui-même et à ses proches ? Écrire un roman (c’est ainsi qu’il qualifie son ouvrage) est pour lui la réponse évidente.

Pourtant rien n’est moins facile que d’écrire sur soi ou sur ses parents les plus proches. Surtout si le passé de son père est sulfureux, et celui du père de Renato Cisneros, le général Luis Federico Cisneros Vizquerra surnommé le Gaucho, est corsé : ami de Viola et de Videla (les dictateurs argentins dont il a été le compagnon à l’école militaire de Buenos Aires), de Pinochet entre autres tenants de manières fortes, passant sa retraite à tenter de mettre sur pied un deuxième 11 septembre chilien (le coup d’État de 1973), il était aussi un chef de famille rigoureux et un homme dont le fils découvre peu à peu les faiblesses.

Vers le milieu du XXème siècle, on disait d’un film sur la vie d’un grand musicien ou d’un souverain que le scénariste avait « romancé » la vérité historique. Le mot était gentiment péjoratif. Renato Cisneros rend ses lettres de noblesse au mot. En partant de témoignages et surtout de ses propres sensations, il fait de cette autofiction une œuvre d’art.

Freud nous l’a dit et répété : Tuer son père ! C’est précisément de que fait Renato Cisneros, mais pour le faire renaître autre : celui que le fils croyait avoir pour père, qui révèle sur des photos anciennes pouvoir être capable d’être soumis (à des amours passées) et même de sourire ; celui aussi, inconnu de sa famille, qui fréquentait ses « collègues » Videla ou Pinochet et partageait leurs idées.

Au fond de tout plane le mystère de la naissance, celle de Renato et celle de tout être humain : serait-il né si un amour de jeunesse frustré s’était réalisé ? Planent aussi tous les non-dits  hérités du « grand-père bâtard » (comme l’est aussi d’une certaine façon Renato) avec les conséquences familiales et personnelles. La « distance » du titre est une de ces conséquences. Écrire une vaste fresque sur son pays, sa famille, son origine, son père en particulier, est sûrement la meilleure façon pour Renato Cisneros de s’élever, ou plus simplement de lutter victorieusement contre une forme de folie qui, après avoir menacé son ascendant, s’approche dangereusement de lui.

Ce n’est pas un règlement de comptes qu’il nous propose ou, si c’en est un, il est universel, envers le Gaucho, envers l’auteur-narrateur, envers son pays.

La probité absolue est la base de ce récit, le Renato Cisneros de 2015 (au moment de la rédaction) qui revient sur ce qu’écrivait huit ans plus tôt le journaliste Renato Cisneros est d’une lucidité qui n’épargne ni le général Cisneros ni le journaliste et donc ni le père ni le fils. Mais grâce à cet exercice auquel il s’est soumis et qu’il a poussé jusqu’à ses limites les plus extrêmes, Renato Cisneros a fait un immense pas en avant, essentiellement personnel mais pas seulement. On ne peut que le remercier de faire partager à ses lecteurs ce modèle d’honnêteté.

La distance qui nous sépare de Renato Cisneros, traduit de l’espagnol (Pérou) par Serge Mestre, éd. Christian Bourgois, 320 p., 23 €.

Renato Cisneros en espagnol : La distancia qu nos separa, Planeta / Dejarás la tierra, Planeta, 2017 / Nunca confíes en mí / Raro, Santillana.

MOTS CLES : HISTOIRE / POLITIQUE / DICTATURE / FAMILLE / PSYCHOLOGIE / SOCIETE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org

Voir aussi sur AnnA mon commentaire sur le deuxième tome du dyptique familal de Renato Cisneros, Tu quitteras la terre.

CHRONIQUES, ROMAN PERUVIEN

Renato CISNEROS

PÉROU

Renato Cisneros est né en 1975 à Lima, dans une famille qui se partage entre la littérature et la politique. Son père a été un ministre très proche des dictateurs latino-américains. Après des études de communication et de journalisme, il exerce à la radio, la télévision et dans la presse écrite. Il a publié des recueils de nouvelles, de poésie et quatre romans.

Tu quitteras la terre

2017 / 2022

Un troublant secret familial est révélé dès la première page : Nicolasa, l’arrière grand-mère de Renato, qui a eu sept enfants, a été l’amante pendant près de quarante ans d’un prêtre, Gregorio Cartagena. Naît alors chez Renato le désir d’écrire l’histoire de sa famille, ou plutôt de la poursuivre, La distance qui nous sépare, qui revient sur la trouble trajectoire de son père, le Gaucho, ami et conseiller de Pinochet, de Videla et de quelques autres dictateurs peu recommandables étant le premier tome de  ce dyptique.

Le « couple » formé par Nicolasa et Gregorio fait connaissance à Huánaco, petit village andin en 1820, en pleine effervescence historique. C’est la guerre d’indépendance, la région, qui reçoit la visite de Bolívar, se libère du joug espagnol. Pendant que Gregorio et Nicolasa vivent en secret leur longue histoire d’amour, l’histoire de la région vient interférer avec leur vie personnelle, luttes pour l’indépendance, luttes territoriales entre ces pays en formation, Colombie, Pérou, Chili, Bolivie. Gregorio est bientôt député, il occupera un poste important à Lima et les proches de Nicolasa ont un rôle actif dans les conflits entre les futurs pays. Cela permet à Renato Cisneros de jouer sur les deux niveaux, et il le fait brillamment.

Les liens familiaux, quel beau sujet de roman ! Que faire d’un secret dont on ne pressent l’existence que vaguement quand on est enfant, qu’on devine, qu’on refuse avant de l’accepter pour mieux le refouler ? Cette notion de famille s’applique dans le livre aussi bien verticalement, d’une génération à l’autre, qu’horizontalement, à l’intérieur d’une même fratrie. Cela peut aussi se traduire par un sain esprit d’indépendance qui n’empêche pas l’affection.

Je serais d’une grande cruauté si je vous racontais plus que le premier épisode. Je me contenterai de vous inviter à jouir des multiples rebondissements sentimentaux, politiques dramatiques, drolatiques, et j’en passe. Attendons-nous à faire la rencontre de très nombreux enfants illégitimes et d’amours peu « morales » ! Dans la famille de Renato Cisneros, on peut avoir cinq enfants avec sa femme légitime et sept avec sa « seconde famille ». La constatation d’une réalité vécue, aucun jugement moral qui, du reste, serait vain et inutile.

Roman historique, saga familiale, chroniques sociales sur le Pérou, l’Angleterre, l’Argentine, l’Uruguay, le Brésil et la France de Napoléon III, Tu quitteras la terre est riche de situations humaines souvent émouvantes, l’être humain vu par Renato Cisneros, même triomphant en apparence, est fragile. Les hésitations amoureuses, les lâchetés et les silences, les erreurs non assumées par des hommes qui tiennent avant tout à garder une image « officielle »,  les cruautés souvent inconscientes mais bien réelles pour ceux (celles, le plus souvent) qui les subissent, Renato Cisneros, en refusant tout jugement, dévoile des aspects de sa propre famille qu’il ignorait et qu’il découvre. Les figures qui apparaissent, hommes politiques, écrivains connus et célébrés, sont pour nous des hommes qui, simplement, se battent plus ou moins glorieusement pour exister.

Voilà un roman (est-ce bien le mot ?) qui fait connaître, qui suscite pas mal de réflexions chez l’auteur comme chez le lecteur, qui apprend, qui étonne, qui émeut, qui complète l’autre pan du diptyque, La distance qui  nous sépare, à relire dans  la foulée.

Tu quitteras la terre, traduit de l’espagnol (Pérou) par Serge Mestre, éd. Christian Bourgois, 303 p., 23 €.

Renato Cisneros en espagnol : Dejarás la tierra / La distancia que nos separa, ed. Planeta / Algún día te mostraré el desierto, ed. Alfaguara.

MOTS CLES : HISTOIRE / SOCIETE / FAMILLE / PSYCHOLOGIE / POLITIQUE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

On peut lire sur AnnA mon commentaire sur La distance qui nous sépare, dans lequel Renato Cisneros revient sur ses relations avec son père, proche de Pinochet, Videla et quelques autres…

CHRONIQUES, ROMAN ARGENTIN

María GAINZA

ARGENTINE

María Gainza est née à Buenos Aires en 1975. Journaliste spécialisé en art, elle a publié son premier roman, El nervio óptico / Ma vie en peinture en 2014, suivi de La luz negra / La faussaire de Buenos Aires qui a été lauréat du prestigieux prix Sor Juana Inés de la Cruz.

La faussaire de Buenos Aires

2018 / 2022

M, jeune fille sans expérience, devient un peu par hasard la secrétaire et femme de confiance de la grande experte en art Enriqueta Macedo. Assez vite, M découvre que la spécialiste réputée n’est pas d’une grande rigueur et qu’elle arrondit ses fins de mois en authentifiant des copies parfois très réussies. Elle a été particulièrement proche d’une faussaire argentine, la Negra, peintre frustrée qui a réussi dans l’imitation d’artistes contemporains argentins.

Enriqueta est prise d’une confiance sans limites pour M, au point de lui raconter sa vie, ses « méfaits » dans le secret humide d’un sauna. Le problème, M s’en rend vite compte, c’est qu’elle peut être aussi sincère qu’affabulatrice et que son récit sera un mélange autant de faits avérés que d’inventions. M pourra-t-elle faire le tri ? Probablement pas, tout comme nous, qui devons suivre ce récit de seconde main. Est-ce grave ? Bien sûr que non !

C’est à un très joli, très intéressant voyage à travers l’art en général que nous sommes conviés, peinture avant tout, et aussi tout ce qui peut constituer une collection : correspondance privée, photographie, objets divers. María Gainza garde une distance souvent un peu ironique envers personnages et événements. Avec humour elle fait ressortir la relativité de toute chose, encore plus frappante dans le monde de l’art. Un faux ne serait-il pas, dans certains cas, supérieur à l’original ? Et en fonction de quels critères ?

Cette même question en forme de clin d’œil s’applique aussi au roman, avec ses personnages réels, un peu modifiés, totalement transformés ou inventés. Cette façon de faire, qui peut être horripilante si elle n’existe que pour l’amusement, est ici très bien maîtrisée : elle rend évidente une des réponses possibles à ce dilemme entre l’art et le vrai que chacun se pose. Un tableau pour lequel Michel-Ange ou Vinci n’a peint personnellement que quelques centimètres quand leurs élèves bouchaient les vides est-il vraiment de Michel- Ange ou de Vinci ?

« Les gens sont comme ça, un mélange de choses », dit un personnage secondaire. Ce « mélange de choses » qui se contredisent entre elles et font une personne est au centre de la recherche de M, en croisant des témoignages divers, elle reconstruit le personnage étrange qu’était la faussaire, elle ne se contente pas de s’en tenir à la Negra, du même coup elle reconstruit tout un cercle artistique, si riche à Buenos Aires, et, plus encore, elle glisse ça et là de très intéressantes remarques sur la peinture et les peintres en général.

Une autre mise en abyme est l’histoire racontée elle-même, María Gainza nous fait suivre M tentant, sous un faux nom, d’écrire la biographie de la faussaire et parcourant parallèlement la grande histoire de l’art et une foule d’anecdotes, les coulisses de cette grande histoire qui éclairent d’une lumière différente la vie des créateurs. Un peu d’amertume (le côté dérisoire de toute chose, le temps qui efface trop de bons moments, l’impossibilité de discerner le vrai du faux, pas seulement en art) avec une bonne dose d’humour pas toujours tendre, voilà une recette qui fonctionne à merveille, et en prime, régnant sur chaque page, le doute fondamental, particulièrement excitant.

La faussaire de Buenos Aires, traduit de l’espagnol (Argentine) par Gersende Camenen, éd. Christian Bourgois, 169 p., 19 €.

María Gainza en espagnol : La luz negra / El nervio óptico, ed. Anagrama, Buenos Aires.

MOTS CLES : ARGENTINE / ART / PEINTURE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

CHRONIQUES

João Gilberto NOLL

BRÉSIL

João Gilberto Noll est né à Porto Alegre en 1946. Après des études e Lettres dans sa ville puis à Rio, il a été journaliste avant d’écrire des pièces de théâtre puis des tomans et des nouvelles. Il a enseigné aux États-Unis. Il est décédé à Porto Alegre en 1917.

Hôtel Atlantique

1989 / 2022

Le narrateur a tout juste la quarantaine mais il est dans un sale état, il se sent vieux, ce qui ne l’empêche pas de lutiner allègrement la jeune réceptionniste de l’hôtel miteux où il s’installe sans savoir s’il restera une nuit ou plus. On vient d’ailleurs d’y assassiner un client, c’est un détail.

Ballotté par le hasard, le quadragénaire prend le lendemain un bus sans savoir où il a envie d’aller… mais, en fait, a-t-il des envies ? Après c’est une voiture qui le rapproche du Sud du Brésil, pourquoi pas ?

Le narrateur fait montre d’un grand détachement : les déplacements à travers le Sud brésilien comme les différentes étapes semblent glisser sur sa conscience comme une goutte d’eau sur les plumes d’un canard. Au lecteur de décider si un des événements qui adviennent compte ou pas, c’est un jeu que propose João Gilberto Noll. On peut y jouer volontiers jusqu’au moment où…

Hôtel Atlantique  fait heureusement partie de ces romans absolument inclassables. César Aira est un des inconditionnels de l’œuvre de João Gilberto Noll, cela semble tout à fait normal si l’on connaît un peu ses écrits. Leur liberté de narrateur est leur espace naturel.

Au fur et à mesure que l’état de santé du pauvre anti-héros se dégrade, que son espoir s’affaiblit au même rythme que son corps, sa volonté de bouger, de réagir peut-être (ce n’est pas certain) se développe, il lui est nécessaire de reprendre sa route en ignorant où elle le mènera, mais cette incertitude est secondaire.

Sous ses allures d’histoire qui s’égare, Hôtel Atlantique donne une belle leçon de vie à chacun. Oui, bien sûr, la mort rôde, s’approche parfois pour se retirer, parfois pour s’approcher encore un peu plus, tant qu’elle n’est pas sur nous, tout contre nous, il y a moyen de faire quelque chose. João Gilberto donne cette leçon avec la plus grande maîtrise, sans en avoir l’air.

Hôtel Atlantique, traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec, éd. Christian Bourgois, 139 p., 18,50 €.

João Gilberto Noll en portugais : Hotel Atlántico, ed. Francisco Alves (1995).

João Gilberto Noll en français : La brave bête du coin, éd. do.

MOTS CLES : BRESIL / AVENTURES / VIOLENCE / PSYCHOLOGIE / PHILOSOPHIE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

On peut (on doit !) lire ou relire tout roman de César Aira, peut-être le plus récemment traduit, Le Président (éd. Christian Bourgois :

CHRONIQUES

Copi

FRANCE – ARGENTINE

Né en 1939 à Buenos Aires, Raúl Damonte Botana a passé une partie de son enfance à Montevideo, avant de s’installer à Paris en 1963. Auteur de trois romans, il a aussi été un dessinateur et un homme de théâtre (auteur et comédien) et aussi, sans en être un militant, une des figures de proue du mouvement homosexuel des années 1970 en France. Il est mort du sida en 1987.

L’homosexuel ou la difficulté de s’exprimer – Les quatre jumelles

1971 / 1973 / 2022

L’homosexuel ou la difficulté de s’exprimer (1971)

L’intrigue de la pièce est facile à résumer, pour ne pas dire très banale : au fin fond d’une Sibérie envahie par les loups une femme, Madre et sa fille, Irina, aidées de la professeure de piano d’Irina, préparent leur fuite vers la Chine. Oui, mais on est chez Copi ! Irina n’est pas la fille biologique de Madre, qui pourrait bien être un homme, ou l’a été, la prof de piano, si elle étale son amour débordant pour sa (son ?) jeune élève, cache elle aussi son jeu, son mari ne sait pas tout sur elle… et ainsi de suite. Copi est égal à lui-même, le dialogue surréaliste et hyperréaliste est souvent d’une obscénité à faire pleurer (de rire), les situations flottent, comme le dialogue, entre un certain prosaïsme (on a dès la première scène un avortement sur scène) et un absurde proche de celui d’Ionesco (l’homosexuel du titre n’apparaît pas plus que la cantatrice sans cheveux, ou alors il faut mettre le mot au pluriel).  La pièce n’a jamais cessé d’être représentée en France et dans le monde entier, comme toutes celles de Copi.

Les quatre jumelles (1973)

Ah, l’incommunicabilité ! Celle que met en scène Copi n’est pas tout à fait celle d’Antonioni dans les mêmes années ! Mais elle est bien là aussi : on est cette fois en Alaska où se sont réfugiées (je ne suis pas sûr que ce soit le mot juste) Maria et Leïla, deux jumelles bientôt rejointes par Joséphine et Fougère, jumelles itou. Les quatre femmes passent le temps de la représentation à s’entretuer pour ressusciter presque aussitôt afin de tuer les trois autres, non sans, auparavant, avoir questionné une des mortes, en vain, forcément. Les didascalies se résument à deux ou trois : X, morte / Y ressuscite / A et B vivantes.

Sous ce délire, qui ne diminue à aucun moment, pointent des flashes dramatiques qui s’effacent aussitôt pour renaître (eux aussi !) plus loin : la violence, la souffrance, la solitude que la nature (Dieu ?) nous impose, l’amour impossible, la tendresse inexistante, les multiples défaillances du corps. Le rire, du spectateur et du lecteur, n’est que superficiel, le tableau montré, s’il semble jouissif, est d’une noirceur totale. J’imagine que la représentation doit laisser un certain vertige à ses spectateurs !

La postface de Thibaud Croisy, concise, est très éclairante sur la personnalité de Copi et sur le contexte que sont les années 1970 où la critique a pu accepter des œuvres aussi décoiffantes. Elle apporte un complément essentiel aux deux pièces.

L’homosexuel ou la difficulté de s’exprimer. Les quatre jumelles, éd. Christian Bourgois, 157 p., 8 €.

MOTS CLES : FRANCE / ARGENTINE / THEATRE / HUMOUR / VIOLENCE / PSYCHOLOGIE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

On peu lire sur AnnA une autre chronique sur Le bal des folles de Copi :

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CHRONIQUES

Carlos FONSECA

COSTA RICA

Né en 1987 à San José, Carlos Fonseca, après des études de Lettres aux États-Unis, s’est installé à Londres où il donne des cours d’écriture.

Musée animal

2017 / 2022

Un léger et multiple mystère baigne les premiers chapitres de ce Musée animal. Le narrateur, conservateur d’un musée d’histoire naturelle, est dérangé chez lui, un soir au début du XXIème siècle, par la livraison d’un paquet, des chemises en carton, sorte de legs que lui fait Giovanna Luxembourg, une célèbre styliste récemment décédée à l’âge de quarante ans. Quinze ans plus tôt, elle l’avait convoqué pour utiliser ses compétences professionnelles et l’aider à monter une nouvelle forme de collection. Une étrange relation était alors née entre eux, pas vraiment amicale ni amoureuse, quoique peut-être…

L’ambiance mystérieuse se prolonge, la styliste est fascinée par un révolutionnaire mexicain cagoulé là-bas, dans le Chiapas, le narrateur imagine la femme s’enfonçant dans la forêt vierge à sa recherche. Pourquoi, pour quoi ? Le mystère est la base principale, le départ du récit : pourquoi Giovanna a-t-elle voulu faire envoyer cette enveloppe à notre homme ? Que peut-il faire de ces photos, de ces documents en désordre ? Quel est le message ?

L’analyse par le narrateur des documents contenus dans les chemises cartonnées devient un feu d’artifice : ça part dans toutes les directions, c’est plein de couleurs (même si les femmes ne s’habillent que de noir), de mouvements, les histoires s’imbriquent les unes dans les autres, les idées, nombreuses, se catapultent, le Georges Perec de La vie mode d’emploi n’est pas très loin. Des idées centrées autour de l’art, avec de multiples variations, l’art et la destruction, et puis aussi l’art et la justice, l’art et l’argent, l’art et la politique (le sous-commandant Marcos, du fond de sa forêt mexicaine ne serait-il pas lui-même un puissant créateur ?). La distance pleine d’élégance que prend Carlos Fonseca au long des pages donne une touche d’humour, comme par exemple ce procès très sérieux à la fin duquel la Banque de Londres est bêtement vaincue par un couple dont on ne saura pas vraiment s’ils sont des artistes ou des faussaires. Et d’ailleurs, on voit bien à un autre moment du roman qu’un banal procès correctionnel très médiatisé peut se transformer en œuvre d’art, au moins aux yeux de certains, du lecteur sûrement.

Des personnages secondaires deviennent principaux le temps d’un épisode, ils se confondent, se répondent avant de s’effacer, les histoires se rapprochent, prennent des chemins de traverse, parfois un peu longs. Au centre de tout, règne l’Art, ou plutôt la Création et sa durée, son immortalité inatteignable, encore que la question reste posée et, au centre de toute l’histoire d’une styliste à la mode et d’un obscur fonctionnaire, il y a le quincunx :

.        .

.

.        .

cette figure de cinq points elle aussi un peu énigmatique, astrologie, mathématiques, magie, symbole philosophique…

Le nom d’Edward Hopper et un de ses tableaux sont cités dans le roman. Les ambiances qui les caractérisent, à la fois hyperréalistes et pourtant empreintes d’un subtil mystère, sont bien communes aux tableaux et au roman, preuve supplémentaire de l’universalité de la création artistique.

Musée animal, traduit de l’espagnol (Costa Rica) par André Gabastou, éd. Christian Bourgois, 450 p., 24,90 €.

Carlos Fonseca en espagnol : Museo animal,  Coronel Lágrimas, ed. Anagrama.

MOTS CLES : COSTA RICA / ARTS / LITTERATURE / PSYCHOLOGIE / SOCIETES / EDITONS CHRISTIAN BOURGOIS.

En lisant Musée animal, on pense à l’excellent roman de Diego Vecchio L’extinction des espèces (éd. Grasset). Mon commentaire sur AnnA :

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CHRONIQUES

Leila GUERRIERO


ARGENTINE

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Leila Guerriero est née en 1967 à Junín, après des études dans le tourisme, elle se consacre ensuite au journalisme. Elle a publié en Argentine une quinzaine de recueils de ses enquêtes.

Une histoire simple.

2013 : 2017

En Argentine, il n’y a pas que le tango, ses exhibitions et ses concours. Bien moins connu, même pour les Argentins, le malambo, « une joute d’hommes qui dansent à tour de rôle » a ses aficionados et les festivals qui lui sont consacrés déplacent des foules sans doute plus modestes mais au moins aussi passionnées. La journaliste Leila Guerriero présente une de ces réunions qui se tient chaque année à Laborde, un village un peu perdu dans la provinde de Córdoba, qui a l’immense mérite d’ avoir su garder au fil des années l’authenticité de cette danse qui est aussi un sport extrêmement exigeant.

Le festival de Laborde n’est pas le plus connu, mais tous les amateurs reconnaissent qu’il est resté le plus exigeant, le plus authentique. Un champion à Laborde restera toute sa vie une étoile indétrônable. Ce sont des champions modestes que présente Leila Guerriero, tous venus du peuple et même des fractions les plus pauvres de la population. Ils entretiennent avec une dignité admirable le feu sacré symbolisé par ce concours, en plus de leur courage physique. Beaucoup de médaillés internationaux dans des sports olympiques ne seraient pas capables de résister à l’preuve que représente un seul malambo. Et très peu d’ente eux se plieraient aux règles morales, tacite pour la plupart, qu’impose le concours : des années d’entraînement, sans alcool, sans sorties. Eux l’acceptent fièrement.

La question sur laquelle revient sas cesse la journaliste est simple et semble évidente dans ce monde dominé par la pouvoir de l’argent et de la célébrité : pourquoi passer des années à s’entraîner durement, pourquoi s’acharner à décrocher un titre qui ne rapporte rien sur le plan pécuniaire, qui  ne procure qu’une notoriété relative puisque peu d’Argentins connaissent l’existence même du festival de Laborde ? La réponse est pourtant évidente pour les jeunes danseurs. Tous ont l’orgueil de rester honnêtes, à tous points de vue, et de maintenir ainsi une tradition peut-être démodée ou dépassée. Ont-ils tort ?

Leila Guerriero sait parfaitement raconter et décrire, au point qu’on a plus l’impression de voir et même de sentir (la chaleur, l’odeur de poussière…) que de lire. On ressent aussi et surtout l’incroyable tension, celle des corps des danseurs qui se donnent jusqu’à l’épuisement, et cela en moins de cinq minutes (le temps imparti pour chaque prestation). Et aussi la tension des moments qui précèdent la proclamation des résultats. Pour le gagnant ce sera l’apothéose, mais aussi la fin de leur carrière. On reviendra une fois à Laborde, l’année suivante, pour ouvrir la nouvelle compétition, mais jamais il ne sera question de rentabiliser, de commercialiser leur victoire. Ils pourront tout au plus augmenter le prix des cours de danse qu’ils donneront à l’avenir. Rien de plus, hors le prestige.

Ce reportage surprend et rassure : il existe encore, quelque part dans le monde, des gens pours lesquels priment le courage et la modestie. Mais si, à ceux-là, on disait que c’est une belle leçon morale, nul doute qu’ils seraient blessés d’être pris en exemple, cela n’entre pas dans leur mentalité d’honnêtes hommes.

Une histoire simple de Leila Guerriero, traduit de l’espagnol (Argentine) par Marta Martinez Valls, éd. Christian Bourgois, 144 p., 14 €.

En espagnol : Una historia sencilla, ED. Anagrama.

MOTS CLES : ARGENTINE / SOCIETE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS

PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org

CHRONIQUES

Natalia GARCÍA FREIRE

ÉQUATEUR

Natalia García Freire est née à Cuenca en 1991. Elle est journaliste et professeure. Nuestra piel muerta (Mortepeau) est son premier roman.

Mortepeau

2019 / 2021

On entre dans Mortepeau comme dans un rêve : il y a bien des personnages, réels et un peu flous, il y a des lieux, définis et légèrement irréels. Il y a surtout un homme qui maîtrise, qui semble maîtriser son récit. Lucas est cet homme. Après des années, il revient dans la maison de son enfance.

Cette atmosphère onirique se prolonge, renforcée par le récit de Lucas devenu adulte qui se souvient de scènes éparses de son enfance dans une maison qui ne semble pas tout à fait  ancrée dans son paysage champêtre, dont on a l’impression qu’elle change parfois de dimensions. Le charme vient de la vision du jeune garçon, il vient aussi de la qualité du texte, bien servie par la traduction. Les sensations sont au premier plan, plus que les faits que l’enfant a subis sans bien les comprendre et que l’adulte narrateur tente de reproduire avec sa vision décalée.

L’arrivée de deux hommes sortis on ne sait d’où mais amenés par le père provoque de profondes modifications dans le cours tranquille de la vie familiale. Josefina, la mère, est reléguée dans une des chambres. Est-elle folle ? Son mari la croit-elle folle ? Les deux étrangers l’ont-ils persuadé que sa femme était folle ? C’est le curé qui la fait confiner. Rien ne sera plus comme avant. Les quatre jeunes filles, nourrices et servantes, restent effacées et vivantes, c’est la seule constante dans la maison.

Le jardin, soigneusement entretenu jadis par la mère est le lien avec une nature débordante de vie, de vies diverses, plantes, eau, arbres, insectes, animaux de basse cour, et la terre, la matière terre qui est la base de tout, une tache sur un vêtement, qui imprègne l’air de son odeur, qui peut être poussière ou boue. L’enfant, les adultes aussi, est une partie de ce tout qu’est la nature autour de la maison. Quand la pluie se fait attendre, les sols paraissent mourir pour mieux renaître après l’averse.

La nostalgie est faite de moments que Lucas adulte semble préférer avoir oubliés. Ce paradoxe apparent ajoute au charme inattendu de ce récit d’une enfance entre le gris, le vert et le noir parfois. Natalia García Freire a su trouver ce ton qui balance entre la mort et la vie, la mort étant toujours tapie quelque part, vaguement ressentie par l’enfant qui ne demande qu’à découvrir, à comprendre un monde qui lui reste inaccessible. Et qui ne saura jamais comment s’est produite la décomposition d’une famille, la sienne : une fatalité ou l’apparence dune fatalité ?

Mortepeau, traduit de l’espagnol (Équateur) par Isabelle Gugnon, éd. Christian Bourgois, 150 p., 20 €.

Natalia García Freire en espagnol : Nuestra piel muerta, ed. La Navaja Suiza, Madrid.

MOTS CLES : EQUATEUR / PSYCHOLOGIE / SOCIETE / ENFANCE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

CHRONIQUES, ROMAN ARGENTIN

Alan PAULS

ARGENTINE

Alan Pauls est né à Buenos Aires en 1959. Il est critique littéraire et de cinéma, scénariste, enseignant et écrivain. Son roman El pasado (Le passé) a reçu le Prix Herralde. La vie pieds nus est la réédition en format de poche du livre publié en français en 2006.

La vie pieds nus

2006 / 2006 / 2021

La plage, le sable, l’hiver et surtout l’été… De quoi rêver, se souvenir, penser, étendu au soleil en n’ayant que le bruit régulier des vagues. Alan Pauls, enfant blond, passait le mois de février, le plus chaud de l’été, tous les ans avec son père à Villa Gesell, entre Buenos Aires et Mar del Plata et menait la vie de tout estivant d’Europe ou d’Amérique, dégustation de crustacés ou de glaces, sorties au cinéma et longues stations sur la plage de sable fin. Au milieu de sa vie (il avait 47 ans quand il a publié ce texte pour la première fois), il revient sur ces étés en les englobant dans une suite de pensées qui lui viennent, l’une en entraînant une autre, parsemées de photos du petit garçon en maillot de bain, un peu nostalgiques, un peu floues qui, si elles appartiennent à la vie de l’auteur, deviennent universelles dans ces écrin.

On se laisse porter par ce flot  de notations, de références, de descriptions souvent drôles par leur hyperréalisme de ces espaces surpeuplés deux ou trois mois de l’année, déserts et presque hostiles le reste du temps, ces espaces qui ont leurs rituels, leurs petits et leurs grands côtés, sociétés éphémères, artificielles et indispensables.

La plage est au centre de beaucoup de créations aussi, qu’Alan Pauls se régale de partager, de mêler, réunissant Marcel Proust et un navet nord-américain projeté sur le drive-in de la station balnéaire. La plage peut être un échantillon sociologique ou une caricature des strates sociales.

Avec une totale liberté et beaucoup d’humour, Alan Pauls vogue parmi ses jeux d’enfant et ses pensées d’adulte et fait défiler, sans jamais paraître artificiel, les romans, les anecdotes, les films, les évocations familiales, les déceptions aussi.

En ce début d’été, prenons donc la Fiat 600 du père, feuilletons Camus (forcément) ou Patricia Highsmith, allons visionner à nouveau François Ozon, un James Bond ou Éric Rohmer, n’oublions pas les migrants sur leurs radeaux de misère ou les balseros cubains, sourions des tenues invraisemblables de certains baigneurs et réjouissons-nous du bonheur profond d’un petit garçon jouissant de sa liberté sur les plages de ses 6 ou 8 ans.

La vie pieds nus, traduit de l’espagnol (Argentine) par Vincent Raynaud, éd. Christian Bourgois (Coll. Titres), 142 p., 7,80 €.

Alan Pauls en espagnol : la vida descalzo, ed. Sudamericana, Buenos Aires / Wasabi / El pasado / Historia del llanto / Historia el pelo / Historia del dinero, ed. Anagrama.

Alan Pauls en français : Wasabi / Le facteur Borges : Histoire de l‘argent / Histoire des cheveux / Le passé, éd. Christian Bourgois.

MOTS CLES : ARGENTINE / SOCIETE / HUMOUR / PHILOSOPHIE / PSYCHOLOGIE / LITTERATURE / CINEMA / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

 Une lecture qui complète bien cette Vie pieds nus serait celle de Basse saison de Guillermo Saccomanno (éd. Asphalte), qui raconte, de façon assez cruelle, la vie d’une station balnéaire qui ressemble beaucoup à Villa Gesell (clin d’œil, le titre original est… Camara Gesell, nom d’un système de caméras de surveillance). Voici le lien vers mon commentaire de Basse saison :

CHRONIQUES, ROMAN MEXICAIN

Martín SOLARES

MEXIQUE

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Né en 1970 à Tampico, après des études effectuées au Mexique et en France, est devenu journaliste et éditeur. Il a publié trois romans et un essai.

Mort dans le jardin de la Lune

2020 /2021

(Il est fortement conseillé de lire Quatorze crocs, le premier tome des aventures policières de Pierre Le Noir, même si Mort dans le jardin de la Lune peut très bien se lire indépendamment).

Dans le réjouissant bric-à-brac qui caractérisait déjà Quatorze crocs et qu’on est bien contents de retrouver, se trouve un hôpital dans lequel on entrevoit des squelettes de sirènes, un lion allongé sur un brancard et des êtres jamais vus jusque là, on trouve des fantômes pickpockets qui ont l’audace de détrousser leurs semblables et on souffre du manque d’espace dans un bar très caractéristique de Paris, déjà en 1927.

Pierre Le Noir, le détective déjà connu de la Brigade nocturne, échappe de peu à la mort, mais sa belle amie, la magicienne Mariska n’a rien perdu de ses pouvoirs. Il en aura bien besoin, dans ce Paris où rôdent non seulement les poètes surréalistes, mais aussi l’ombre maléfique de Jack l’Éventreur, qui pourrait bien d’ailleurs s’être approprié l’esprit de Robert Desnos. Le poète, journaliste avait eu la malheureuse idée d’écrire plusieurs articles dans Paris-Soir sur l’assassin anglais.

L’enquête se développe de façon classique, le policier avance, des faits qui semblent clairs sont démentis avant de finir par s’éclaircir et les surprises nous guettent à chaque page. Les fantômes, cette fois, sont majoritairement britanniques, on a parfois l’impression que certains d’entre eux sont parvenus à se réincarner tout près de nous, Paris nocturne est envoûtant, pour le lecteur comme pour les personnages. Martín Solares serait-il un Alexandre Dumas qui aurait vécu un siècle ou deux de plus et aurait ainsi acquis une « grande expérience de la vie » qui l’aurait perfectionné comme écrivain ? On peut le penser en toute objectivité. Et on en a la preuve quand on lit les lignes cachées du Comte de Monte-Cristo cachées au lecteur ordinaire.

Des hordes de sangliers sauvages en furie, les Kiefer, accompagnés par des chiens noirs, sèment l’angoisse même chez notre Pierre Le Noir pourtant toujours protégé pas le talisman hérité de sa grand-mère, dont les changements de température dans sa main lui donnent de précieux conseils muets.

Le Comte de Monte Cristo en  guest star se révèle lui aussi être une collaboration d’une grande efficacité malgré le nombre de ses années, il est collaborateur, subordonné ou supérieur direct, en tout cas très présent.

Évadons-nous vers des territoires familiers, Paris, Marseille, qui deviennent étranges, angoissants, en n’oubliant jamais que le second degré en littérature comme dans la vie est une panacée toujours efficace pour nous approcher du réel !

Mort dans le jardin de la Lune, traduit de l’espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot, éd. Christian Bourgois, 271 p., 22 €.

Martín Solares en espagnol : Muerte en el Jardín de la Luna, / Catorce colmillos / No manden flores,  ed. Literature Random House / Los minutos negros, ed. Mondadori.

Martín Solares en français : Les minutes noires / N’envoyez pas de fleurs / Comment dessiner un roman / Quatorze crocs, éd. Christian Bourgois.

MOTS CLES : MEXIQUE / FRANCE / POLAR / FANTASTIQUE / LITTERATURE / SOCIETES / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

Souvenir :

Saint-Etienne, octobre 2019.