ROMAN EQUATORIEN

Telmo HERRERA

ÉQUATEUR / FRANCE

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Telmo Herrera est né en 1948 en Équateur, il a passé toute son enfance et son adolescence à Quito. Après avoir parcouru le monde il s’est installé à Paris où il réside. Acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène, calligraphe, il a écrit et publié en France, en Espagne et en Équateur des recueils de poésie, des romans et des pièces de théâtre.

 

 

Le prêtre fou et les trente-sept vierges de Santa Rosa

Il dit la messe tous les dimanches, mais il n’est pas prêtre. Il est cependant ancien séminariste et docteur en théologie, est devenu (ou a toujours été) révolutionnaire et il fuit la police politique. Le prêtre fou du titre n’est pas plus fou qu’il n’est prêtre. Et pourtant…

On est quelque part dans les Andes, dans un univers en équilibre instable mais durable entre la fiction la plus débridée et le réalisme parfois le plus sinistre. La première partie du récit se passe à Pinto, un village où ne vivent plus que des vieillards, la deuxième à Santa Rosa, un village déserté par tous les hommes. Les absents ont fui ces lieux inhospitaliers pour répondre à l’appel de l’argent et à celui d’un modernisme tellement inaccessible qu’ils n’en sont jamais revenus, et n’en reviendront probablement plus.

Dans ce cadre étrange, le « prêtre fou » vit des aventures étranges et hors du temps, et l’auteur joue avec cette étrangeté pour poser des questions très modernes, même si elles aussi sont de toutes les époques : la filiation, la paternité, la complexité du désir sexuel, l’exploitation des uns par les autres, la duplicité naturelle de l’être humain.

Le docteur en théologie, héros du roman, se trouve lui-même prisonnier d’un monde intermédiaire, entre la fuite (la police politique, pense-t-il, le traque) et son présent, fait de rencontres, surtout féminines, qu’il ne parvient pas à maîtriser. Dès le début de son parcours, il est en effet soumis à ce qui est peut-être son destin et qui lui impose un trajet qu’il ne peut changer.

Le passé du personnage, que le lecteur découvrira peu à peu, donne peut-être une explication à ses contradiction, peut-être seulement, car le récit est surtout composé d’une bonne dose de poésie pure, de celle qui repousse tout excès de logique sous peine de s’auto-détruire. On peut privilégier l’aspect militant, la critique sociale, politique et religieuse ou le pur plaisir de la beauté des mots et des images.

Telmo Herrera est né en Equateur en 1948, depuis 1973, il réside à Paris, il partage son temps entre ses trois passions, le théâtre, les beaux arts et la littérature. Dans Le prêtre fou, il demande à son lecteur une certaine bonne volonté, de la disponibilité, mais en échange il lui offre beaucoup. Il réussit à créer un univers qui est bien à lui, dans lequel on est à la fois un peu chez soi et tout à fait dépaysé et le mélange de poésie et d’horreur, de critique et de bienveillance que constitue le fond du récit est très riche.

Le prêtre fou et les trente-sept vierges de Santa Rosa, traduit de l’espagnol (Equateur) par l’auteur, éd. Indigo, Paris, 2005, 227 p., 21 €

Telmo Herrera en espagnol : Papá murió hoy, ed. Destino, Barcelona (1985). /  La cueva, Quito (1997) / Ítaca / Luzmila (poésie), ed. deculturas, Séville.

MOTS CLES : ROMAN EQUATORIEN / HUMOUR / SOCIETE

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Souvenir :

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PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org