CHRONIQUES

Jean-Paul DELFINO

FRANCE / BRÉSIL / ARGENTINE

Jean-Paul Delfino est né à Aix-en-Provence en 1964. Amoureux de l’Amérique latine, en particulier du Brésil, il est l’auteur de romans pour la jeunesse, d’essais, de scénarios pour la radio et d’une vingtaine de romans.

Isla Negra

2022

Disons-le tout de suite, Isla Negra n’a qu’un très lointain rapport avec l’Amérique latine. Mais… Mais, pourquoi se priver d’une lecture agréable ? Et puis, avec Jean-Paul Delfino, amoureux du continent, on suppose qu’il ne pourra s’empêcher d’y faire allusion.

On est dans une Province qui pourrait bien se situer entre Perpignan et Narbonne. Jonas Jonas, un vieil original, refuse de se faire expulser de sa vieille maison construite jadis sur une colline sableuse dominant la mer. Dune et manoir sont connus sous le nom d’Isla Negra. Le promoteur local, Charles Dutilleux, a lancé la procédure (légale) pour récupérer le terrain plus que la maison et ajouter des millions d’euros aux millions d’euros qu’il possède déjà.

La maison n‘est pas de première jeunesse, une tempête une nuit la rapproche dangereusement de l’état de ruine. Le réchauffement climatique y est pour quelque chose aussi. Jonas n’est pas seul, soutenu indirectement par les uns, aidé de près par d’autres. Les belles personnes ne manquent pas, parfois sous des apparences qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant : la bimbo rectifiée par la chirurgie esthétique, la doyenne centenaire spectaculairement peinturlurée du village, l’Argentin de Carcassonne, méritent d’être connus.

Georges, ou Jorge, ou l’Argentin de Carcassonne, est un bon bandonéoniste, on ne sait pas très bien dans quelles conditions il a appris à jouer de cet instrument, Jean-Paul Delfino en profite pour donner de passionnantes précisions sur des aspects peu connus du tango argentin et de son prolongement brésilien. Le nom de la maison, on le saura de la bouche de Jonas, a été directement inspiré par une des demeures de Pablo Neruda au Chili, celle où il est décédé en 1973. Celle du roman lui ressemble d’ailleurs beaucoup.

Cette fable pleine d’idéalisme et d’optimisme, se lit d’un trait, les méchants y sont vraiment méchants, mais en minorité, les malheureux chahutés par la vie débordent de vitalité malgré tout ce qui les accable. Dans un monde si gris, une telle lecture remet du baume au cœur.

Isla Negra, éd. Héloïse d’Ormesson, 242 p., 18 €.

MOTS CLES : FRANCE / ARGENTINE / CHILI / AVENTURES / ECOLOGIE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / EDITIONS HELOÏSE D’ORMESSON.

Pour prolonger cette lecture, un autre livre de Jean-Paul Delfino à découvrir : sa vision des débuts de la samba brésilienne, Bossa Nova, la grande aventure du Brésil (éd. du Passage). Mon commentaire sur AnnA :

https://wordpress.com/post/americanostra.wordpress.com/4532

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