CHRONIQUES

João Gilberto NOLL

BRÉSIL

João Gilberto Noll est né à Porto Alegre en 1946. Après des études e Lettres dans sa ville puis à Rio, il a été journaliste avant d’écrire des pièces de théâtre puis des tomans et des nouvelles. Il a enseigné aux États-Unis. Il est décédé à Porto Alegre en 1917.

Hôtel Atlantique

1989 / 2022

Le narrateur a tout juste la quarantaine mais il est dans un sale état, il se sent vieux, ce qui ne l’empêche pas de lutiner allègrement la jeune réceptionniste de l’hôtel miteux où il s’installe sans savoir s’il restera une nuit ou plus. On vient d’ailleurs d’y assassiner un client, c’est un détail.

Ballotté par le hasard, le quadragénaire prend le lendemain un bus sans savoir où il a envie d’aller… mais, en fait, a-t-il des envies ? Après c’est une voiture qui le rapproche du Sud du Brésil, pourquoi pas ?

Le narrateur fait montre d’un grand détachement : les déplacements à travers le Sud brésilien comme les différentes étapes semblent glisser sur sa conscience comme une goutte d’eau sur les plumes d’un canard. Au lecteur de décider si un des événements qui adviennent compte ou pas, c’est un jeu que propose João Gilberto Noll. On peut y jouer volontiers jusqu’au moment où…

Hôtel Atlantique  fait heureusement partie de ces romans absolument inclassables. César Aira est un des inconditionnels de l’œuvre de João Gilberto Noll, cela semble tout à fait normal si l’on connaît un peu ses écrits. Leur liberté de narrateur est leur espace naturel.

Au fur et à mesure que l’état de santé du pauvre anti-héros se dégrade, que son espoir s’affaiblit au même rythme que son corps, sa volonté de bouger, de réagir peut-être (ce n’est pas certain) se développe, il lui est nécessaire de reprendre sa route en ignorant où elle le mènera, mais cette incertitude est secondaire.

Sous ses allures d’histoire qui s’égare, Hôtel Atlantique donne une belle leçon de vie à chacun. Oui, bien sûr, la mort rôde, s’approche parfois pour se retirer, parfois pour s’approcher encore un peu plus, tant qu’elle n’est pas sur nous, tout contre nous, il y a moyen de faire quelque chose. João Gilberto donne cette leçon avec la plus grande maîtrise, sans en avoir l’air.

Hôtel Atlantique, traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec, éd. Christian Bourgois, 139 p., 18,50 €.

João Gilberto Noll en portugais : Hotel Atlántico, ed. Francisco Alves (1995).

João Gilberto Noll en français : La brave bête du coin, éd. do.

MOTS CLES : BRESIL / AVENTURES / VIOLENCE / PSYCHOLOGIE / PHILOSOPHIE / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

On peut (on doit !) lire ou relire tout roman de César Aira, peut-être le plus récemment traduit, Le Président (éd. Christian Bourgois :

2 réflexions au sujet de “João Gilberto NOLL”

  1. Auteur qui nous est inconnu. C’est avec plaisir que je le lirai et qui plus est si Cesar Aira le recommande.
    Lu Le président. Excellent et quel final! Un grand auteur argentin qu’il faut lire souvent au 2 ème ou 3 ème degré.
    J’en profite pour vous remercier pour ce blog de qualité et pour vos chroniques.

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