CHRONIQUES, ROMAN MEXICAIN

Fernanda MELCHOR

MEXIQUE

MELCHOR, Fernanda

Née en 1982 à Veracruz, Fernanda Melchor est journaliste. Elle a publié des nouvelles (Mi VeracruzAquí no es Miami)avant de passer au roman (Falsa liebre, en 2013). Elle vit à Veracruz.

Paradaïze

2021 : 2022

Un lotissement de luxe à Veracruz. Deux adolescents traînent leurs insatisfactions, de préférence dans la ruine d’une maison abandonnée, de l’autre côté de la barrière  qui protège les heureux propriétaires des villas avec piscines. Polo, engagé presque de force par sa mère pour entretenir les espaces verts (il faut bien que le garçon s’occupe et rapporte un peu d’argent à la maison) écoute le délire obsessionnel de Franco, « tonneau de graisse » boutonneux et puceau qui ne vit que par l’espoir de « se faire » Marián Maroño, belle femme qui vient d’emménager.

La différence sociale entre les deux garçons n’est pas un problème pour eux, le vide de leurs existences, l’ennui, la contrariété les réunissent. Polo supporte la logorrhée intarissable de Franco, des pages et des pages de sexe imaginé qui n’a rien de romantique. Il rêve de s’évader de cet endroit qui devrait être parfait (Attention, Paradise, le nom du quartier, doit absolument se prononcer à l’américaine, Paradaïze), peut-être de flirter avec les cartels locaux (sera-t-il à la hauteur ?) et, en attendant, il supporte beaucoup de choses : le mépris des gens des villas, les reproches de sa mère, les conditions de sa vie quotidienne (il a dû céder son lit à sa cousine enceinte d’on ne sait qui).

La violence crapuleuse et la violence sexuelle passent d’abord par les mots, les débordements des deux ados qui se croient plus qu’ils ne sont. Dans cet univers fermé, aucun personnage n’éveille la sympathie, malgré ce que l’on sait de leur environnement social et familial. L’auteure ne se prive pas de nous entraîner dans leurs fantasmes.

J’avais beaucoup aimé La saison des ouragans, le roman précédent de Fernanda Melchor. La violence y était déjà très présente. En voulant aller encore plus loin dans la description d’un aspect d’u Mexique provincial qu’elle connaît bien, elle confirme son talent d’écrivaine, mais les excès verbaux des deux protagonistes risquent de laisser au lecteur des sentiments de rejet, plus pour ce que disent et ce que sont Polo et Franco que pour le roman lui-même.

Paradaïze, traduit de l’espagnol (Mexique) par Laura Alcoba, éd. Grasset, 220 p., 18 €.

Fernanda Melchor en espagnol : Páradais,ed. Penguin Random House / Aquí no es Miami / Tiempo de huracanes, ed. Literatura Random House.

Fernanda Melchor en français : La saison des ouragans, éd. Grasset.

MOTS CLES : MEXIQUE / VIOLENCE / SEXE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE /EDITIONS GRASSET.

Sur AnnA, le commentaire sur La saison des ouragans de Fernanda Melchor :

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