CHRONIQUES

Nathalie MARANELLI

FRANCE / BRÉSIL

Nathalie Maranelli est née à Paris en 1971, d’un père français et d’une mère d’origine brésilienne. Elle a passé son enfance dans plusieurs pays, notamment en Amérique hispanique. Elle est comédienne, danseuse et écrivaine.

L’enfant de Rio

2021

L’«enfant de Rio», le narrateur (12 ans), n’a pas de prénom, il a été trouvé dans un container par Luís, un éducateur des rues qui l’a accompagné dans son enfance avant de mourir tué par un groupe d’homophobes. Quelques bonnes âmes l’aident à vivoter dans les rues centrales de Rio, un pharmacien qui soigne ses bobos, la cuisinière d’un restaurant populaire qui lui donne des restes. Les autres l’appellent Malandro, Voyou (sans que le mot ait une connotation péjorative, au contraire), Voyou, malgré son cœur gros comme une maison et malgré ses bribes d’éducation jadis données par Luís.

Nathalie Maranelli, par la voix de ce garçon pas encore adolescent, nous fait plonger dans la vie des milliers d’enfants livrés à eux-mêmes des villes brésiliennes. C’est bien Malandro qui s’exprime, mais c’est l’auteure, franco-brésilienne, qui s’exprime à travers lui. Elle propose un mélange intéressant, mi-fable candide, pas toujours vraisemblable, mi-récit réaliste, qui fait alterner la dureté, la rudesse avec la naïveté, la résilience, et elle en profite souvent pour avancer des opinions (on est au temps de Jair Bolsonaro), pour donner des conseils, pour commenter des situations, même si, pour cela, elle sort de l’univers enfantin de Malandro.

Cet entre-deux voulu par l’auteure a un certain charme : le côté récit enfantin tend à dédramatiser les difficultés quotidiennes (qu’on sait terribles), à donner même un optimisme, ainsi l’enfant croise Gilberto Gil, adorable et généreux, et le côté adulte remet en place une réalité de violence, de jungle. On y voit en action une police souvent corrompue, les jalousies entre gamins qui restent rivaux malgré la misère partagée, les trafics de drogue et d’organes, la prostitution de très jeunes filles. Parmi des éclats de générosité, de solidarité, demeure une sourde violence, la fin heureuse (provisoire ?) ne gomme pas tout à fait cette volonté de Nathalie Maranelli de surtout voir la beauté des choses, ce qui paraîtra sûrement étonnant et peut-être dérangeant pour certains lecteurs.

Ni reportage, ni conte féérique, ce roman se lit comme une jolie histoire au fond plutôt optimiste.

L’enfant de Rio, éd. Lazare et Capucine, Sucy en Brie, 246 p., 21 €.

MOTS CLES : BRÉSIL / FRANCE / SOCIETE / VIOLENCE / PSYCHOLOGIE / AVENTURES / EDITIONS LAZARE ET CAPUCINE.

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