CHRONIQUES

Clarice LISPECTOR

BRÉSIL

Née en Ukraine en 1920, elle vit au Brésil depuis l’âge de deux ans. Sa famille s’installe à Rio après quelques années de déplacements à l’intérieur du pays. Elle suit son mari, diplomate, avant de divorcer et de revenir à Rio où elle exercera le métier de traductrice et de journaliste tout en écrivant romans et nouvelles. Elle meurt en 1977.

LISPECTOR, Clarice.jpg

Correspondance Édition intégrale

2020 / 2021

Une façon possible de se faire une idée des qualités (profondes, objectives) d’un auteur, d’une auteure, est de lire ce qu’il ou elle a écrit sans avoir l’intention de le publier : un véritable journal intime, des lettres à sa famille, à ses amis proches, sans qu’il ou elle ait pensé à une forme partagée avec des milliers de lecteurs inconnus, sans fard, et il ou elle se livre alors et, très inconsciemment probablement, laisse apparaître ses limites ou, au contraire, sa créativité naturelle.

En France, on a eu récemment l’exemple de Julien Green qui, entre 1938 et 2006, avait publié un journal, passionnant mais expurgé de passages qu’il ne souhaitait pas offrir aux lecteurs (on a compris pourquoi en 2020). La publication, en 2020 justement, du premier tome du journal intégral, brut, prouve, s’il en était besoin, l’immensité de son talent littéraire. La franchise (probablement choquante) de certains passages n’efface pas la beauté générale d’un style maîtrisé dans sa spontanéité.

Cette longue introduction pour souligner la limpidité des phrases de Clarice Lispector dans cette Correspondance adressée à des membres de sa famille, à ses amis, destinée à demeurer dans la sphère de l’intime.

Elle y décrit ses séjours (elle suivait son mari, diplomate), commente l’actualité, les années de guerre, le Brésil des années 60 et 70, s’intéresse à la vie des destinataires et analyse avec une réelle hauteur de vue son quotidien et surtout ses pensées, ses doutes.

Il y a au moins deux raisons fondamentales de lire cette correspondance, dans son intégralité ou par bribes : découvrir ou redécouvrir cette écrivaine majeure dans toute la simplicité de son génie et découvrir la femme qui écrit, qui ne cherche jamais à étaler mais qui dans sa sincérité, indirectement, se montre, d’une humanité universelle.

Correspondance. Édition intégrale, traduit du portugais (Brésil) par Didier Lamaison, Claudia Poncioni et Paulina Roitman, éd. Des femmes-Antoinette Fouque, 400 p., 26 €.

Clarice Lispector en portugais : Todas as cartas, ed. Rocco, Rio de Janeiro.

MOTS CLES : BRESIL / LITTERATURE / EDITIONS DES FEMMES.

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