CHRONIQUES

Alejandro GARCÍA SCHNETZER

ARGENTINE

Alejandro García Schnetzer est né en 1974 à Buenos Aires. Il est éditeur, traducteur et écrivain. Il vit à Barcelone.

Andrade

2015 / 2021

Il était une fois, à Buenos Aires, trois compères, le veuf Andrade qui garde au plus profond de lui le vide laissé par Esther en mourant, Villegas, un libraire un peu souffreteux mais riche de lectures et de culture et le jeune Galíndez, déjà trois fois père, d’un optimisme à toute épreuve malgré sa grande précarité financière. Ils vont devoir s’attaquer au tri, au catalogage et à la vente de l’immense bibliothèque du professeur Américo Lo Valvo qui vient de passer l’arme à gauche. Ramiro, le pseudo bibliothécaire du bibliophile décédé, les assistera.

Mais cette ébauche d’histoire n’est qu’une amorce, Lucio Andrade est bien le personnage central, ce n’est pas pour rien que ce court roman s’intitule Andrade. Malgré son omniprésence, ce n’est pas le personnage qui compte vraiment, plus qu’un personnage, il est un porte-parole. Ce qui ressort de Andrade, c’est une errance du veuf, ce qu’il voit, ceux qu’il croise, ce qu’il imagine, ce dont il se souvient.

Sous un humour souvent un peu rosse, se cache une foule de réflexions, sur le cours d’une vie, sur ce qui fait qu’on poursuit ce mystérieux parcours qui nous est commun, qui se termine comme on sait… L’humour, c’est cette vision désabusée (et élégante) de traiter des sujets en principe peu souriants. Ce sont aussi ces fausses citations qui émaillent les fins de chapitres. Ainsi Plutarque aurait écrit cette phrase définitive : « Quels bons canassons jadis nous avions ». Plutarque !

Les activités quotidiennes d’Andrade sont la trame sur laquelle, ou plutôt dans laquelle se dessine tout un réseau : sensations, pensées, idées absurdes ou profondes, le temps qui passe, qui nous transforme, la nostalgie de ce qui  a été, le vide cruel d’une absence et, pour  tuer la tristesse, des explosions de joyeux surréalisme.

Andrade, traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Aubergy, révisée par Marta Ponzoda, préface de Juan Gelman, éd. L’Atinoir, 94 p., 12 €.

Alejandro García Schnetzer en espagnol : Requena / Andrade / Quiroga, ed. Entropía, Buenos Aires.

Alejandro García Schnetzer en français : Requena, éd. L’Atinoir.

MOTS CLES : ARGENTINE / SOCIETE / HUMOUR / PSYCHOLOGIE / EDITIONS L’ATINOIR.

Avant Quiroga (à paraître aux éditions L’Atinoir), ma chronique sur le premier tome de la trilogie, Requena :

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