CHRONIQUES, ROMAN CHILIEN

Luis SEPÚLVEDA

CHILI

L’automne serait-il la saison propice aux rééditions de textes devenus des classiques ou ce qu’on appelle des romans-cultes ? Cette année, les reprises d’œuvres qui ont gagné leurs galons et que des éditeurs considèrent comme indispensables, à juste titre, se multiplient, on ne peut que s’en réjouir.

Dans les semaines qui viennent AnnA (americanostra) présentera plusieurs de ces rééditions, des « classiques » (Roberto Bolaño, Manuel Rojas et Reinaldo Arenas), des « populaires » (Luis Sepúlveda) des « modernes » (Martín Mucha).

Luis Sepúlveda est né à Ovalle, en 1949. C’est par le football qu’il en vient à écrire, d’abord des articles en rubrique Sports, puis des nouvelles et des romans. Politiquement engagé, il est emprisonné et torturé sous le régime de Pinochet. Libéré grâce à l’action d’Amnesty International, il s’installe en Europe, militant pour les droits de l’Homme et pour l’écologie. Il meurt du Covid en 2020.

Raconter c’est résister

1992 / 1989 / 1994 / 2009 / 2021

Anne-Marie Métailié a publié en 1992 le premier roman de Luis Sepúlveda. L’énorme succès du roman a grandement participé à l’essor de la maison d’édition. La façon avec laquelle Anne-Marie Métailié travaille avec « ses » écrivains, le rapport humain et la confiance étant en permanence le principe principal de toute sa relation professionnelle avec la personnalité de Luis Sepúlveda, a fait que, entre 1992 et 2020, date du décès de l’auteur, les liens ne se sont jamais relâchés.

L’éditrice souhaitait depuis le début de la pandémie qui a emporté le romancier chilien lui rendre hommage. La publication sous une forme très soignée de quatre de ses romans en un tome est la manifestation de cette longue amitié personnelle et littéraire. Une série de photos signées par leur ami commun, le génial Daniel Mordzinski vient donner encore un peu plus de beauté spontanée aux textes du grand Luis Sepúlveda.

Le vieux qui lisait des romans d’amour

El Idilio, quel joli nom de village perdu au cœur de la forêt amazonienne. C’est là que vit Antonio José Bolívar Proaño, près de ses amis indiens qui lui ont tout appris de la nature et du respect que tout être humain lui doit. Le docteur Rubicundo Loachamín, dentiste qui passe deux fois par an, lui apporte des romans, merveilleux complément à son autre culture. Un roman universel, devenu culte, indispensable, inoubliable.

Le monde du bout du monde

Habité par la lecture de Moby Dick, le narrateur, au temps de son adolescence, est allé découvrir les limites australes du continent et de son pays, le Chili. Devenu adulte et militant écologiste, il y retournera pour lutter contre les atteintes à la nature et les trafics, bien réels, eux.

Le neveu d’Amérique

Voyages et rencontres, ce serait une possible définition de Luis Sepúlveda qui ne s’est jamais vraiment posé nulle part. L’Espagne des origines (lointaines), la prison, sous Pinochet, la Terre de Feu, dans chaque lieu des femmes et des hommes qui vivent, qui racontent, et lui qui transmet.

L’ombre de ce que nous avons été

Quatre sexagénaires, autrefois militants contre la dictature, rêvent de prendre une sorte de revanche dérisoire puisque la démocratie est revenue. L’émotion, côté personnages et côté lecteurs, est bien présente, comme dans tous les écrits de Luis Sepúlveda.

Raconter c’est résister (Le vieux qui lisait des romans d’amour / Le monde du bout du monde, traduits de l’espagnol (Chili) par François Maspero / Le neveu d’Amérique, traduit de l’espagnol (Chili) par François Gaudry / L’ombre de ce que nous avons été, traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, éd. Métailié, 493 p., 28,30 €.

MOTS CLES : CHILI / EDITIONS METAILIE

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