CHRONIQUES

António de ALCÂNTARA MACHADO

BRÉSIL

António de Alcântara Machado est né en 1901 à São Paulo et mort à Rio de Janeiro en1935. Journaliste, il a été un des représentants du mouvement moderniste au Brésil. Il a publié deux recueils de nouvelles.

Brás, Bexiga et Barra Funda

1927 / 2021

Dès la préface, nommée ici EDITORIAL, on est plongés dans un bain de vie : les couleurs de peau qui se mêlent allègrement pour former un pays unique, le Brésil, ce qui n’empêche pas de se tester mutuellement, avec des nuances péjoratives, quand on crie à tout coin de rue à un inconnu qui déplaît : « Portugais !» ou « Italien ! ». C’est justement parmi les Brésiliens d’origine italienne que se situent les nouvelles d’António de Alcântara Machado, une communauté alors nombreuse (des journaux en italien étaient parmi les plus gros tirages de la presse à São Paulo). Cette communauté était en pleine phase d’« intégration », comme on dit maintenant : on reste italien quand on menace de se tuer en public pour un refus venant de la fille courtisée. Et on est fier d’appartenir à un pays neuf qui ne peut bientôt que devenir puissant et riche.

Il y a deux façons de lire cet ouvrage (recueil de nouvelles ?  Journal ? Fac-similé de journaux d’époque ?) : le pur plaisir de ces petites histoires sans prétention mais qui font naître le sourire et qui font vivre pour un lecteur du XXIème siècle tout un monde d’il y a cent ans, un São Paulo encore provincial où l’on s’apostrophe en pleine rue, où l’on plaisante avec des passants inconnus. Ou alors on le lira en se régalant des nombreuses notes, très précises et documentées et en faisant provision d’infos historiques et sociales sur la naissance du Brésil moderne.

Les nouvelles sont de petits trésors, des instantanés de la vie de gens modestes, regardés de haut par ceux, un peu plus riches qui viennent tout juste de s’enrichir et qui tiennent à ce que ça se voie bien, de garçons amoureux et de filles qui (en public) restent sur leur quant-à-soi et se lâchent un tout petit peu, de nouveaux riches ou de futurs nouveaux riches sur le point d’écraser de plus pauvres qu’eux pour s’acheter un palais colonial.

Et les nombreux ajouts aux textes eux-mêmes sont aussi un trésor, d’un autre genre, si l’on veut découvrir une ville, un pays, une époque. La découverte aussi d’un auteur peu connu en France, qui mérite bien cette renaissance.

Brás, Bexiga et Barra Funda. Information de São Paulo, traduction, notes, suppléments, bibliographie et postface par Antoine Chareyre, éd. L’Oncle d’Amérique, 250 p., 21 €.

MOTS CLES : BRESIL / LITTERATURE / HUMOUR / SOCIETES / EDITIONS L’ONCLE D’AMERIQUE.

1 réflexion au sujet de “António de ALCÂNTARA MACHADO”

  1. Merci beaucoup, cher ami!

    Je ne connaissais pas cet auteur brésilien, tu crois?

    Je chercherai ses oeuvres, c’est sûr!

    Je vous embrasse,

    Guomar

    J’aime

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