CHRONIQUES

Martín SOLARES

MEXIQUE

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Né en 1970 à Tampico, après des études effectuées au Mexique et en France, est devenu journaliste et éditeur. Il a publié trois romans et un essai.

Mort dans le jardin de la Lune

2020 /2021

(Il est fortement conseillé de lire Quatorze crocs, le premier tome des aventures policières de Pierre Le Noir, même si Mort dans le jardin de la Lune peut très bien se lire indépendamment).

Dans le réjouissant bric-à-brac qui caractérisait déjà Quatorze crocs et qu’on est bien contents de retrouver, se trouve un hôpital dans lequel on entrevoit des squelettes de sirènes, un lion allongé sur un brancard et des êtres jamais vus jusque là, on trouve des fantômes pickpockets qui ont l’audace de détrousser leurs semblables et on souffre du manque d’espace dans un bar très caractéristique de Paris, déjà en 1927.

Pierre Le Noir, le détective déjà connu de la Brigade nocturne, échappe de peu à la mort, mais sa belle amie, la magicienne Mariska n’a rien perdu de ses pouvoirs. Il en aura bien besoin, dans ce Paris où rôdent non seulement les poètes surréalistes, mais aussi l’ombre maléfique de Jack l’Éventreur, qui pourrait bien d’ailleurs s’être approprié l’esprit de Robert Desnos. Le poète, journaliste avait eu la malheureuse idée d’écrire plusieurs articles dans Paris-Soir sur l’assassin anglais.

L’enquête se développe de façon classique, le policier avance, des faits qui semblent clairs sont démentis avant de finir par s’éclaircir et les surprises nous guettent à chaque page. Les fantômes, cette fois, sont majoritairement britanniques, on a parfois l’impression que certains d’entre eux sont parvenus à se réincarner tout près de nous, Paris nocturne est envoûtant, pour le lecteur comme pour les personnages. Martín Solares serait-il un Alexandre Dumas qui aurait vécu un siècle ou deux de plus et aurait ainsi acquis une « grande expérience de la vie » qui l’aurait perfectionné comme écrivain ? On peut le penser en toute objectivité. Et on en a la preuve quand on lit les lignes cachées du Comte de Monte-Cristo cachées au lecteur ordinaire.

Des hordes de sangliers sauvages en furie, les Kiefer, accompagnés par des chiens noirs, sèment l’angoisse même chez notre Pierre Le Noir pourtant toujours protégé pas le talisman hérité de sa grand-mère, dont les changements de température dans sa main lui donnent de précieux conseils muets.

Le Comte de Monte Cristo en  guest star se révèle lui aussi être une collaboration d’une grande efficacité malgré le nombre de ses années, il est collaborateur, subordonné ou supérieur direct, en tout cas très présent.

Évadons-nous vers des territoires familiers, Paris, Marseille, qui deviennent étranges, angoissants, en n’oubliant jamais que le second degré en littérature comme dans la vie est une panacée toujours efficace pour nous approcher du réel !

Mort dans le jardin de la Lune, traduit de l’espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot, éd. Christian Bourgois, 271 p., 22 €.

Martín Solares en espagnol : Muerte en el Jardín de la Luna, / Catorce colmillos / No manden flores,  ed. Literature Random House / Los minutos negros, ed. Mondadori.

Martín Solares en français : Les minutes noires / N’envoyez pas de fleurs / Comment dessiner un roman / Quatorze crocs, éd. Christian Bourgois.

MOTS CLES : MEXIQUE / FRANCE / POLAR / FANTASTIQUE / LITTERATURE / SOCIETES / EDITIONS CHRISTIAN BOURGOIS.

Souvenir :

Saint-Etienne, octobre 2019.

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