CHRONIQUES

Juan Gabriel VÁSQUEZ

COLOMBIE

Juan Gabriel Vásquez est né à Bogotá en 1973. Après des études en Colombie, puis en France, il vit plusieurs années en Europe (France, Belgique et Espagne) avant de rentrer dans son pays natal.

Chansons pour l’incendie

2018 / 2021

On a été impressionné par les romans du Colombien Juan Gabriel Vásquez (Le bruit des choses qui tombent ou La corps des ruines). Cette impression de puissance, de retenue maîtrisée qui n’efface jamais l’aspect humain de ses écrits, se confirme à la lecture de ces neuf nouvelles réunies ici pour la première fois.

Les décors sont variés, l’aéroport Charles-de-Gaulle censé représenter celui de Barajas, Bogotá, le Paris des exilés sud-américains, une hacienda dans la campagne colombienne avec, presque toujours, un narrateur-acteur qui, la plupart du temps ressemble à Juan Gabriel Vásquez sans être tout à fait lui.

Les sujets sont pris dans le monde réel, ils ressemblent à des témoignages, des témoignages qui tous racontent un épisode banal mais qui glisse vers l’aventure extraordinaire ou vers la biographie d’une personnalité oubliée mais qui a eu une réelle importance il y a quelques décennies.

Le point commun entre ces nouvelles, c’est la violence, diffuse au début du récit qui ne manque pas de se déclencher, violence inhérente au pays (au continent), violence interne, intime, également, le remords qui mine interminablement un personnage, ou l’absence de remords après une tromperie soigneusement occultée. C’est aussi la mort, le souvenir d’une mort qui longtemps après continue à miner un proche ou un quasi inconnu. En un mot, c’est la souffrance des hommes qui pensent être passés à côté d’un destin, d’une occasion, d’un autre humain indéchiffrable et universellement connu.

Il n’est pas rare, à la lecture d’un recueil de nouvelles, d’être déçu par l’une ou l’autre, qui correspond moins à nos goûts. Cette fois ce n’est pas le cas, toutes celles de Chanson pour l’incendie ont leur propre individualité, leur propre force, leur propre émotion.

Chansons pour l’incendie, traduit de l’espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon, éd. du Seuil, 234 p., 22 €.

Juan Gabriel Vásquez en espagnol : Canciones para el incendio / Historia secreta de Costaguana / Los amantes de Todos los Santos : El ruido de las cosas al caer / Las reputaciones / Los informantes / El arte de la distorción / La forma de las ruinas, ed. Alfaguara.

Juan Gabriel Vásquez en français : Histoire secrète du Costaguana / Les amants de la Toussaint / Le bruit des choses qui tombent / Les réputations : Les dénonciateurs : Le corps des ruines, éd. du Seuil.

MOTS CLES : COLOMBIE / FRANCE / ESPAGNE / NOUVELLES / SOCIETES / PSYCHOLOGIE / VIOLENCE / EDITIONS LE SEUIL.

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