CHRONIQUES

Francisco SUNIAGA

VENEZUELA

Auteur de cinq romans, Francisco Suniaga est né sur l’île Margarita, au Venezuela. Il est enseignant, journaliste et avocat

Les éditions Asphalte, qui viennent de fêter leur dixième anniversaire, ont la bonne idée de ressortir des livres qui méritent un coup de lumière. C’est la cas de cette Île invisible de Francisco Suniaga. Voici la chronique de Louise Laurent publiée à l’époque de la première publication en France.

L’île invisible

2005 / 2013 / 2021

 Ce roman vénézuelien nous entraîne dans le monde réel de l’île Margarita, loin des clichés pour touristes, et dans l’univers très particulier des combats de coqs.

Sur l’île Margarita atterrit Edeltraud Kreutzer, vieille dame allemande qui ne vient pas faire du tourisme mais connaître les circonstances exactes de la noyade de son fils, Wolfgang , sur la plage où il tenait un bar avec sa femme Renata et son employé modèle métis Richard. Elle sera aidée par le charismatique José Alberto Benitez, avocat désargenté, qui mènera l’enquête auprès des différentes autorités de l’île pour trouver s’il s’agit d’un simple accident, d’un suicide ou d’un meurtre passionnel. Il va alors découvrir la passion funeste de Wolfgang pour les coqs de combat.

  A travers la trame simple de l’intrigue, le lecteur plonge littéralement dans les deux univers de l’île, les paysages urbains qui s’opposent, le monde des touristes et les quartiers modestes, il plonge aussi dans l’univers très documenté des entraîneurs de coqs et des descriptions des combats. La langue est précise, réaliste et l’auteur nous fait partager à la fois la cruauté de ces combats et le courage et la dignité des coqs qui entraînent l’empathie du lecteur.

  Les personnages principaux sont eux aussi touchants : la vieille allemande Edeltraud regarde sans préjugés ce monde totalement étranger au sien. L’avocat et son ami psychiatre, qui ont partagé une jeunesse communiste pleine d’enthousiasme et de foi en l’avenir se confient leur désenchantement face à la crise et à la déchéance de la société, mais trouvent tout de même des raisons de vivre pour ne pas sombrer dans le désespoir et l’amertume. Le même avocat lucide et opiniâtre ira jusqu’au bout de sa quête malgré les obstacles.

  Retours en arrière dans le passé de chacun, introspections des différents personnages, chapitres aux points de vue alternés, placés astucieusement dans la narration finissent de rendre la lecture fort passionnante.

Louise Laurent

 L’île invisible, éditions Asphalte, 272 pages, 22 €.   

Francisco Suniaga en espagnol : La otra isla ed. OT , Caracas.

MOTS CLES : VENEZUELA / SOCIETE / CORRUPTION / ROMAN NOIR / EDITIONS ASPHALTE

PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org

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