CHRONIQUES

William NAVARRETE

CUBA – FRANCE

Né dans la province de Holguín, à Cuba, en 1968, William Navarrete s’est établi en France en 1991, il a la nationalité française. Il est traducteur, journaliste, critique d’art, poète et auteur de nouvelles et de romans.

Vidalina

2017 / 2019

La Havane, 2006. Elba ne supporte plus sa vie de tous les jours, les privations, le manque de liberté. Le gouvernement espagnol vient d’annoncer qu’il donnera la nationalité espagnole à tous les Cubains pouvant prouver une ascendance espagnole. Elba se lance alors dans une vaste enquête sur ses origines, l’occasion rêvée pour William Navarrete de se plonger dans l’histoire de son pays d’origine, mais sans s’éloigner de la dimension humaine.

Vidalina survole cent soixante dix ans d’histoire hispanique, depuis les révoltes paysannes dans les campagnes espagnoles, les idées anarchistes commençant à avoir un certain écho, jusqu’aux années de la fin du castrisme.

À travers des personnages, féminins pour la plupart, l’auteur dresse une fresque ample qui ne s’écarte pourtant jamais des difficultés humaines, celles contre lesquelles il nous faut lutter en permanence (manque de moyens, amours contrariées, amour maternel ou filial). Les soldats espagnols envoyés à Cuba à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle pour tenter de maintenir l’autorité de la métropole qui avait perdu toutes ses autres « colonies », n’avaient pas un sort plus enviable que les Cubains qui souffraient de l’autorité de la monarchie et des violences causées par la guerre d’indépendance. Au milieu de ces misères, se dressent des figures admirables, comme cette Vidalina, qui deviendra pour Elba un modèle, un siècle et demi après.

William Navarrete n’oublie pas non plus le sort de la génération qui suit celle d’Elba, ses deux enfants, exilés, l’une au Mexique, l’autre à Miami, et dont l’existence n’est pas davantage un chemin semé de roses. Tous les personnages de ce roman choral souffrent, mais il ne manque pas de lueurs d’espoir pour chacun d’eux, rien n’est définitivement bouché, il n’est pas nécessaire d’être un héros pour avoir en soi le courage et la force de réagir.

Roman historique, roman politique, Vidalina est avant tout un roman de lutte, une vaste fresque humaine.

Vidalina, traduit de l’espagnol (Cuba) par Marianne Million), éd. Emmanuelle Collas, 410 p., 21 €.

William Navarrete en espagnol : Deja que se muera España, ed. Tusquets, México.

MOTS CLES : CUBA / ESPAGNE / ROMAN HISTORIQUE / SOCIETES / PSYCHOLOGIE / EDITIONS EMMANUELLE COLLAS.

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