CHRONIQUES

Catherine BARDON

FRANCE / RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

 

BARDON, Catherine

Auteure de guides touristique, Catherine Bardon vit depuis plusieurs années entre la France et la République dominicaine.

 

Et la vie reprit son cours 

2020 

Troisième épisode d’une série commencée avec Les déracinés et L’Américaine, Et la vie reprit son cours raconte la vie d’une famille juive installée dans un village de République dominicaine et parfaitement intégrée, qui ne perd pas pour autant le contact avec ses racines mouvantes. Une idéale lecture de détente où l’on dénichera émotions et où l’on découvrira des pans de l’histoire dominicaine peu connue chez nous.

Ruth Rosenheck, 27 ans, la narratrice, descendante d’une famille juive, vit en 1967 tranquillement à Sosúa. Vers 1940, le gouvernement dominicain a créé une petite communauté juive en offrant des terres à plusieurs milliers de migrants qui fuyaient l’Europe en guerre. Son ami Arturo, fils de fabricants de cigarettes, artiste homosexuel, préfère rester à New York plutôt que revenir mener une vie peu libre dans sa famille et dans un pays corseté.

De la République dominicaine, on ressent les sursauts de l’époque, une fausse démocratie locale, la guerre du Vietnam, la profonde révolution culturelle des États-Unis au moment où la société dominicaine est verrouillée. Ruth est amoureuse de Domingo, le frère d’Arturo, dont la famille est très traditionnelle. C’est aussi l’année d’une autre guerre, la guerre des Six Jours au Moyen Orient, qui touche indirectement l’héroïne et sa famille.

Les enfants grandissent, les adultes essaient de mener leur vie malgré les obstacles, parfois un événement vient briser la routine : à l’occasion du trentième anniversaire de l’installation des juifs à Sosúa, une grande fête comporte même un service religieux à la fois catholique et juif, symbole de cette intégration parfaite.

Tout baigne dans une ambiance heureuse : les personnages traversent des épreuves, se heurtent à des oppositions, sont conscients des tragiques inégalités locales, mais les épreuves trouvent leur résolution, les oppositions ne dégénèrent pas en conflits irréparables et les inégalités, bien qu’on agisse pour les atténuer, restent hors champ.

Caroline Bardon veut distraire sans trop déranger mais sans éluder les réalités sombres. Elle profite des nombreux rebondissements romanesques de sa saga pour aborder plusieurs sujets qui intéressent et inquiètent les Latino-Américains, l’évolution politique, si noire en ces années 1970, le rôle des États-Unis par rapport au Sud, les dictatures (celle qui sévit en République dominicaine n’est pas aussi cruelle que dans d’autres pays, mais elle est bien réelle). Une excursion en famille permet une agréable visite touristique de l’île. L’histoire familiale se déroule, avec ce recul un peu nonchalant et donc très plaisant, qui évoque la façon de vivre caribéenne.

Et la vie reprit son cours de Catherine Bardon, éd. Les Escales, 346 p., 19,90 € (papier), 14,99 € (numérique).

Les déracinés et L’Américaine, les premiers tomes de la saga, ont paru aux éditions Les Escales.

MOTS CLES : ROMAN FRANÇAIS / HISTOIRE / SOCIETE / PSYCHOLOGIE / AMOUR / EDITIONS LES ESCALES

BARDON, Catherine Et la vie reprit son cours

 

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