CHRONIQUES

Diego VECCHIO

ARGENTINE

VECCIO, Diego

 

Né en 1969 à Buenos Aires, il réside depuis 1992 en  France. Il enseigne la littérature à l’Université de Paris 8. Il est l’auteur d’essais, de textes narratifs et de romans.

 

Microbes 

2006 / 2010

 

Diego Vecchio pratique la globalisation (la mondialisation, en meilleur français). Les neuf  nouvelles de ce recueil promènent le lecteur d’Oxford à Moscou, de Comodoro Rivadavia à Bruxelles, avec toutefois un point commun : la santé, bonne, passable ou carrément dégradée, de ses personnages. Pour être plus précis, ce qui se trouve au centre de tout, dans Microbes, c’est la santé en relation directe avec la création littéraire. Étonnant, me direz-vous ? Et je vous répondrai : oui ! Et il y va fort ! Il n’a pas froid aux yeux !

Certains contes pour enfants ne pourraient-ils pas être d’efficaces antibiotiques, sans pour autant que leur auteure soit une sorcière, mais une honnête mère de famille ? Le tabac, accidentellement réintroduit dans un passé futur aurait-il des vertus révolutionnaires ? L’auteur de la fiction qui raconte cet épisode méconnu, lui-même tellement imprégné de nicotine que les manuscrits envoyés aux éditeurs ‒ et immédiatement refusés ‒ puent le tabac froid, sera la victime professionnelle du tabagisme, ce qui nous vaut un conte moralisateur, sinon moral. Une greffe de cerveau ratée ne pourrait-elle pas favoriser l’émergence d’un courant poétique d’avant-garde ? Diego Vecchio, celui qui nous raconte ces histoires débridées, nous fait remarquer que l’appendice, cette petite extension qu’on nous enlève souvent, vexé de ne servir à rien, pourrait bien savoir se venger.

Santé physique et santé mentale se renvoient la balle, jouent à cache-cache. Je ne suis pas absolument certain de la rigueur médicale de certains passages, qu’un ver solitaire aille par exemple se loger dans la prostate d’un homme ordinaire , mais je sais qu’on s’amuse beaucoup en lisant ces tribulations pourtant maladives.

Un lecteur hypocondriaque sera ravi et un lecteur qui ne l’est pas aura peut-être envie de le devenir ! Chacun apprendra en outre une somme de mots nouveaux (« adenomectre rétropubienne », ou « discarides / monosaccharides », peut-être difficiles à placer dans une conversation de salon, mais d’une beauté tellement inquiétante !

Quelle belle machinerie que le corps humain, et quelle belle mécanique que ces neuf récits terribles et hilarants !

 

Microbes, traduit de l’espagnol (Argentine) par Denis Amutio, éd. L’Arbre vengeur, 208 p., 15 €.

Diego Vecchio en espagnol : Microbios, ed. Beatriz Viterbo, Buenos Aires / Historia calamitatum, ed. Paradiso, Buenos Aires / Osos , ed. Beatriz Viterbo / La extinción de las especies, ed. Anagrama, Barcelona (finaliste du Prix Herralde).

Diego Vecchio en français : Ours, éd. l’Arbre Vengeur, Bordeaux  / L’extinction des espèces, éd. Grasset, 2021.

MOTS CLES : ROMAN ARGENTIN / HUMOUR / PHILOSOPHIE / PSYCHOLOGIE / EDITIONS L’ARBRE VENGEUR.

VECCHIO, Diego Microbes

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