V.O.

Alma Delia MURILLO

MEXIQUE

 

MURILLO, Alma Delia

Née en 1979 à Mexico, Alma Delia Murillo a passé une partie de son enfance dans l’internat Gertrudis Bocanegra. Après des années où elle a travaillé dans le monde de l’entreprise et APR7S avoir fait des études autour du théâtre, elle se consacre à l’écriture, séries télévisées, nouvelles et romans.

 

 

El niño que fuimos

 

Trois enfants abandonnés, malheureux. Trois adultes seuls, pas ou peu heureux. Vingt-cinq ans ont passé entre les années où Óscar, María et Román, environ dix ans à l’époque, font connaissance au sein de l’internat pour enfants abandonnés où ils viennent d’être admis et des retrouvailles, vingt-cinq ans plus tard, alors que leur vie d’adulte va cahin-caha.

La mère d’Óscar, qui se prostitue pour apporter un peu d’argent aux deux seuls membres de la famille étant tombée gravement malade, doit confier l’enfant à l’institution. La famille de María, la cadette d’une nombreuse fratrie, ne peut plus la nourrir. Román, né dans une famille de la classe moyenne, perd ses parents dans un accident de la route et ses oncles et tantes n’ont qu’une hâte, se débarrasser de l’enfant pour récupérer un maximum de l’argent laissé par les parents décédés.

Le trio qu’ils forment dans l’internat est plein de vitalité, les éclats de rire de María stimulent les garçons, mais les rocambolesques « évasions » de nuit ne parviennent pas à atténuer leur profond désarroi d’enfants qui n’intéressent personne en dehors du personnel dévoué de la maison.

Devenu adulte, Román, qui a réussi socialement (il est un designer en chaussures qui a acquis un certain prestige), fait un faux-pas médiatique quand il publie une photo très polémique sur un réseau social. C’est ce qui permet aux deux autres de le retrouver et d’entamer une nouvelle relation d’amitié, à 35 ans.

Ces retrouvailles n’ont rien du conte de fée, devenus adultes, ils ont bien du mal à recréer les relations enfantines de l’orphelinat. Les sentiments partagés dans le passé n’ont plus cours, chacun traîne ses propres problèmes personnels, un divorce en cours, alors qu’un enfant va bientôt naître pour María, une homosexualité dans la solitude affective pour Román, des ennuis professionnels pour le dragueur qu’est devenu Óscar, toujours vaguement amoureux de María.

Alma Delia Murillo fait alterner les épisodes de l’enfance, la complicité inaltérable et l’enfermement, les espiègleries, parfois cruelles, envers d’autres écoliers ou envers des membres du personnel peu appréciés des enfants, et les efforts pour faire renaître cette lointaine amitié qui a bien pâli, mais qui pourrait se refaire.

Son roman, quand on a lu, dans la postface, qu’elle a elle-même passé une partie de son enfance dans une institution de ce genre, prend une autre dimension, devient en même temps document et source d’émotion.

El niño que fuimos, ed. Alfaguara, México (2018) et Barcelona, (2019), 302 p., 18,90 € (España).

MOTS CLES : ROMAN MEXICAIN / PSYCHOLOGIE / SOCIETE / EDITIONS ALFAGUARA

 

MURILLO, Alma Delia El niño que fuimos

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