CHRONIQUES

Roberto ARLT

ARGENTINE

ARLT, Roberto

Né en 1900 dans le quartier populaire de Flores à Buenos Aires, Roberto Arlt, après une enfance difficile, autodidacte, pratique divers métiers avant de commencer une carrière de journaliste. Il publie son premier roman en 1926, suivi de son chef d’oeuvre, Los siete locos / les sept fous. Il meurt en 1943 en laissant des chroniques, des romans et nouvelles et une dizaine de pièces de théâtre.

 

Eaux fortes de Buenos Aires

1998 / 2010 / 2019

Le premier ouvrage publié par les éditions Asphaltes, qui allaient devenir une référence en matière de littérature urbaine, fut ces Eaux fortes de Buenos Aires, recueil de chroniques écrites dans les années 1920 et 30. Observateur pointu des petites choses du quotidien, il met en mots, souvent mordants, une scène de rue, un dialogue, une situation, de ceux qu’on voit tous les jours, à Buenos Aires ou à Paris.

 Il est capable de tout, de passer dans une même chronique de l’ironie acérée à la tendresse, d’utiliser un comique appuyé sans être méchant pour ses cibles, de critiquer le présent (les années 30, pas très différentes des nôtres) sans tomber dans une nostalgie benoite. Son immense culture d’autodidacte, il ne l’étale jamais, c’est toujours à propos qu’il cite Nietzsche, Gorki ou Barbusse.

Faisant de nous ses proches, il nous présente un ami pour décrire ses petits défauts, pour s’en moquer gentiment et pour finalement prouver que cette amitié est justifiée. Il démontre aussi la supériorité indiscutable des petits théâtres miteux dans lesquels le décor est poussiéreux mais où les clients fraternisent, sur la grande salle à panneaux lumineux en façade dans laquelle on reste passif. Il fait un remake de « Mignone, allons voir si la rose… », mais dans une langage plus adapté au temps présent : « Prends garde, pisseuse, car les siècles filent ! »

Il ne faut surtout pas réduire les textes d’Arlt à son légendaire pessimisme. Avec la politesse que peuvent avoir les désespérés, il cache son découragement sous des couches d’humour, il sait débusquer le ridicule de chacun, et surtout il sait trouver les mots pour faire naitre le sourire à chaque paragraphe. Ce qu’il montre est unique et universel, tragique, réel et comique, correspond aussi bien à son époque qu’à la nôtre. Autant dire qu’il est nécessaire, encore et toujours, indispensable, encore et toujours, de lire Arlt.

Roberto Arlt : Dernières nouvelles de Buenos Aires, présenté et traduit de l’espagnol (Argentine) par Antonia García Castro, Asphalte, 208 p., 18 €.

MOTS CLES : ROMAN ARGENTIN / SOCIETE / EDITIONS ASPHALTE.

ARLT, Roberto Eaux fortes de Buenos Aires

VOIR LA RUBRIQUE N’OUBLIONS PAS… ROBERTO ARLT (mai 2019)

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