ROMAN COLOMBIEN

Andrés CAICEDO

COLOMBIE

 

 

caicedo, andrés

Né en 1951 à Cali, il commence à écrire dès l’âge de 9 ans. Il n’a publié que deux romans de son vivant, mais aussi des scénarios pour le théâtre et le cinéma et une trentaine de nouvelles. Grand amateur de cinéma, il créa et anima le ciné-club de Cali. Après son suicide, à l’âge de 25 ans, il est devenu un véritable mythe tant en Colombie que dans le reste de l’Amérique latine.

Que viva la musica !

1977 /2012

Trente cinq ans après son décès,  il est intéressant de découvrir  d’Andrés Caicedo (1951-1976) et ce roman publié en 1976, jamais traduit en français jusque là, considéré comme un livre culte par un grand nombre d’intellectuels hispano-américains.

Ce livre hors norme, qu’on pourrait rapprocher peut-être de Kerouac ou de Burroughs, raconte la dérive d’une adolescente bourgeoise de Cali à la belle chevelure blonde qui découvre le marxisme, la drogue et la musique dans une ambiance psychédélique curieusement colombienne : groupes de salsa et de rock n’roll, marihuana et L.S.D., fêtes nocturnes et désœuvrement  chronique, plaisir et mort. Le voyage, le trip plutôt, est physiquement court, du nord de Cali, quartiers réservés à la bourgeoisie, au sud, bas-fonds de la ville, où règne la salsa. Mais il est psychologiquement progressif, du plaisir à la douleur, de la lumière à la nuit.

L’intérêt premier du livre c’est le langage, l’utilisation de phrases déroutantes par leur violence feutrée (pas de mots excessifs, pas d’images choquantes, des brisures de ton), presque bourgeoise, comme l’origine de la narratrice.

C’est la musique qui est la vraie vedette de ce spectacle de mots : rumba, salsa, rock et même rancheras, tout ce qui est rythmé, ce qui est vivant. Parce que, paradoxalement, le sujet de fond du roman c’est bien la vie, une vie malade qui ressemblerait à ces arbrisseaux qui prennent racine dans un sol de pierre où rien d’autre ne pousse. Une vie cernée par la mort, souvent violente, des proches de la narratrice qui, elle, se vante non de survivre, mais d’être la Toujours Vivante. La notion devient très relative quand on sait qu’Andrés Caicedo s’est suicidé au moment de la parution de ce livre, à l’âge de vingt-cinq ans.

Est-ce vraiment un roman culte ? Je ne saurais donner une réponse. Ce qui est certain, c’est que l’ambiance, les images, le langage ne s’oublient pas facilement.

Andrés Caicedo : Que viva la musica !, traduit de l’espagnol (Colombie) par Bernard Cohen, Belfond, 238 p., 19,50 €.

 

MOTS CLES : ROMAN COLOMBIEN / PSYCHOLOGIE / SOCIETE.

caicedo, andrés que viva la musica

PUBLICATION ORIGINALE : www.espaces-latinos.org

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s