ROMAN ARGENTIN

César AIRA

ARGENTINE

AIRA, César

Né en 1948 dans la province de Buenos Aires, César Aira est unanimement considéré comme un des auteurs argentins les plus importants de sa génération. Amoureux de la littérature française, il est traducteur de l’anglais et de l’italien. Il est l’auteur de plusieurs dizaines de romans, extrêmement variés dans leurs thèmes et leur structure.

Le Testament du magicien ténor

2013/2014

Des montagnes suisses aux vallées du Pendjab… Un jeune magistrat traverse l’océan pour se rendre en Inde où il doit rencontrer Bouddah l’Éternel et lui remettre l’héritage mystérieux que lui a légué un vieux magicien. Avec Le Testament du magicien ténor, l’écrivain argentin César Aira signe un roman inclassable où le réel  se perd aux confins de l’imaginaire, de la poésie et de la philosophie.

Sur le point de mourir, dans la demeure où il réside, en Suisse, le Magicien Ténor convoque à son chevet son chargé d’affaires le président Hoffmann, éminent juriste du barreau de Lausanne, pour lui faire part de sa dernière volonté : remettre à Bouddha l’Éternel une enveloppe renfermant le secret d’un mystérieux tour de magie. Le magistrat confie cette mission à Jean Ball – Djinn Bowl – un jeune avocat qui s’embarque pour l’Inde. Pendant la traversée, il noue une liaison avec Palmyra, à la beauté énigmatique et fascinante qui lui fera les honneurs de Bombay avant qu’il ne se rende dans une vallée reculée du Pendjab où vivent Bouddah l’Éternel, minuscule divinité ruinée, au comportement puéril, et sa gouvernante, l’étonnante Madame Gohu au passé rocambolesque, que lui a imposée la société Brain Force, chargée d’administrer ses biens et de gérer son image.

Une cascade de péripéties improbables fait de l’intrigue, conduite avec brio, une sorte de puzzle mouvant qui aiguise l’imagination et entraîne le lecteur dans un monde où tout repère devient fluctuant, fuyant. Même les frontières se déplacent, celles du Népal, celles de la réalité. Ainsi des objets sont détournés de leur utilisation première, les contraires (haut et bas, jour et nuit, instant et éternité…) se manifestent simultanément dans un même lieu. Ainsi se côtoient simples mortels et fantômes, héros de légende et personnages historiques (un bel hommage est rendu à Benazir Bhutto dans le dernier chapitre).

La langue de César Aira, claire, limpide, épouse admirablement les méandres du récit. Le roman s’ouvre sur une description magistrale, somptueuse, – digne de Borges, diront certains – de la grande propriété délabrée où se meurt le Magicien Ténor, puis l’écriture se fait vive, incisive, parfois ironique, toujours riche en métaphores. Actions et personnages prennent alors une dimension nouvelle, le rythme devient vertigineux, les images s’enchaînent et on bascule dans cet univers de “belles asymétries” et d’“énumérations chaotiques” cher à l’auteur.

 

Mireille et Jean-Paul BOSTBARGE

 

Le Testament du magicien ténor, traduit de l’espagnol (Argentine) par Marta Martínez Valls, éd. Christian Bourgois, 149 p., 12 €.

MOTS CLES : ROMAN ARGENTIN / ROMAN FANTASTIQUE / HUMOUR/ CHRISTIAN BOURGOIS.

AIRA, César Le testament

PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org

 

 

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s