ROMAN MEXICAIN

Vilma FUENTES

MEXIQUE

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Vilma Fuentes est née à Mexico en 1949. Elle réside à Paris depuis 1975. Elle est correspondante du quotidien mexicain La Jornada. 

 

 

Des châteaux en enfer

2006/2008

Notre terre est-elle un paradis ou un enfer ? Sommes-nous des anges ou des démons ? Un simple mortel peut-il, à l’image de Dieu, créer un univers ? La romancière mexicaine Vilma Fuentes pose ce genre de questions dans sa dernière œuvre publiée en France, Des châteaux en enfer.

Nous sommes à Acapulco, un peu avant que la ville ne devienne la station balnéaire à la mode, dans les années 50. On n’y trouve alors que quelques hôtels, des rues en terre battue et déjà beaucoup de misère. Mais un petit noyau de bonnes âmes veille, il faut faire quelque chose de ce coin paradisiaque et infernal et, au passage, consolider son propre pouvoir et sa fortune.

Le lecteur devra reconstituer le puzzle que propose Vilma Fuentes dans ce roman qui joue sur différentes époques, qui offre des fragments d’action et qui, forcément, déconcerte, car la romancière se refuse toute facilité, qu’elle soit dans son récit ou dans le jugement que le lecteur essaie de se faire. La grande richesse de ce livre ce sont les questions morales qu’il pose. Enfer ou paradis ? Acapulco est les deux à la fois, sûrement un paradis pour les clients des luxueux hôtels de la ville, mais enfer pour tous les autres. Imposer ou obéir ? Qu’on soit du côté des puissants ou non, c’est le choix auquel chacun doit se soumettre, dans les quartiers pauvres comme du côté des richesses, certains imposent leur autorité et tous les autres doivent se soumettre, au risque de leur vie. Le bien ou le mal sont dans ce contexte des notions qui ne signifient plus grand-chose, la seule valeur étant la survie.

Une seule chose ne se décide pas, c’est la violence, ici aussi omniprésente. Un des narrateurs principaux est un vieil assassin à la retraite. Ce n’est pas un monstre, son destin l’a contraint à passer aux actes, et à le faire sans passion mais sans états d’âme. On est sur terre pour mourir, il faut qu’on essaye de repousser le plus possible le moment pour soi-même, mais rien n’empêche d’accélérer les choses pour autrui. Un des personnages les plus saisissants à cet égard est l’ancien jésuite reconverti en manipulateur laïc qui vit entre l’ombre et la lumière.

Au fond, les deux univers, celui des puissants et celui du peuple, se ressemblent beaucoup, tous deux soumis aux règles d’un certain pouvoir en place et l’ex-président de la république semble plus misérable que le petit chef de la pègre locale. Les patrons des deux clans se respectent mutuellement, ce qui ne les empêche pas de recourir aux armes à feu à la première alerte.

Beaucoup de sujets de réflexion pour le lecteur, donc, qui, au moment de refermer le livre, aura beaucoup appris sur le Mexique des années 50, mais qui surtout, à travers une histoire pleine de rebondissements, aura pu comprendre l’impossibilité de juger selon des normes toutes faites.

Des châteaux en enfer, traduit de l’espagnol (Mexique) par Jean-Marie Saint-Lu, éd. Actes Sud, 331 p., 21,80 €.

Vilma Fuentes en français : La Castaneda, La Différence, 1988, Gloria, La Différence, 1990, L’autobus de Mexico,  Actes Sud, 1995, King Lopitos, première version de Castillos en el infierno, Les Allusifs, 2002.

MOTS CLES : ROMAN MEXICAIN / ROMANCIERS MEXICAINS / CORRUPTION VIOLENCE.

 

FUENTES, Vilma Des châteaux en enfer

 

 

Souvenir :

 

FUENTES, Vilma

PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org

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