ROMAN ARGENTIN

Eduardo SACHERI

ARGENTINE

 

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Eduardo Sacheri est né en 1967 dans la province de Buenos Aires. Romancier et scénariste de cinéma, il n’a pas renoncé à son métier de professeur qu’il exerce dans des lycées et collèges de la capitale argentine. Amateur de football il tient une rubrique dans un journal sportif.

 

Le bonheur c’était ça.

2014/2017

Sofía, 14 ans, fait seule le voyage de Villa Gesell (la ville côtière qui a inspiré cet autre diamant noir de la littérature argentine récente, Basse saison) vers Buenos Aires. Elle sonne à une adresse écrite sur un papier et annonce tout de go à l’homme qui lui ouvre qu’elle est sa fille.

Villa Gesell n’était animée que pendant le mois et demi des vacances. Morón, où vit Lucas, le père, est une banlieue banale et plutôt triste de la capitale argentine où la fillette n’a jamais mis les pieds. Sofía vit son arrivée à Morón à petits pas, avec l’étonnement, l’incompréhension, de cette nouvelle situation. Elle est à l’âge exact du basculement vers un univers inconnu qui l’attire et l’effraie.

Eduardo Sacheri est dans la tête de Sofía, il partage et nous fait partager en direct ses réactions, la surprise face à certaines réactions de son père et de Fabiana, son épouse, la moquerie parfois (leur vocabulaire a une génération d’écart), et puis ce sentiment qui naît peu à peu, qui n’est pas tout à fait ce qu’on appelle un sentiment filial, mais qui s’en rapproche de plus en plus.

On sourit beaucoup, un sourire de tendresse pour ces personnages éclatants d’humanité malgré la morosité des décors. Le malaise que provoque cette intrusion chez les trois personnages principaux, Sofía, Lucas et Fabiana, se règle le plus souvent par une moquerie, une formule ironique qui a le mérite de lui donner un nom. Et la « traduction » par Sofía de phrases ou d’attitudes dans son langage à elle est souvent irrésistible. Elle n’a pas la langue (et les pensées !) dans sa poche, notre Sofía, elle observe et n’hésite pas à faire savoir, à son père ou plus souvent au lecteur, ce qu’elle pense de ce qui  lui paraît ridicule ou simplement bizarre chez les adultes.

Eduardo Sacheri a parfaitement su trouver les mots et les expressions d’une fille de 14 ans, tout en gardant la distance du romancier adulte, ce qui lui permet d’ajouter la profondeur à l’humour. Il en profite d’ailleurs pour offrir une réflexion intéressante sur le « métier » de romancier et les limites du succès commercial dans le domaine de l’édition.

Tout doucement, Sofía se rend compte que les adultes sont parfois un peu  compliqués et que, si l’apparence des uns peut correspondre à ce qu’ils sont vraiment, celle de beaucoup d’autres est sinon trompeuse, du moins hors de leur personnalité véritable. Quant à Lucas, c’est en direction de lui-même que l’arrivée de cette fille non prévue le fait nettement progresser.

Tout le monde y gagne, à commencer par le lecteur, qui a passé un excellent moment en leur compagnie.

Le bonheur, c’était ça, traduit de l’espagnol (Argentine) par Vanessa Capieu, éd. Héloïse d’Ormesson, 256 p., 19 €.

Eduardo Sacheri en espagnol : El secreto de sus ojos / Papeles en el viento / La noche de la Usina, Alfaguara.

Eduardo Sacheri en français : Dans ses yeux, Denoël et 10/18 / Petits papiers au gré du vent, Héloïse d’Ormesson.

MOTS CLES : ROMANCIERS ARGENTINS / ROMAN ARGENTIN / ROMAN SOCIAL / PSYCHOLOGIE.

 

SACHERI, Eduardo Le bonheur d'était ça

 

PUBLICATION ORIGINALE : http://www.espaces-latinos.org

 

 

 

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